Inégalités de l’enseignement supérieur
Le classement de Shanghaï recense les meilleures universités du monde. Le dernier classement a été publié le mois dernier. Dans les cent premiers du classement ne figurent que trois établissements de France, contre cinquante-trois pour les États-Unis, neuf pour le Royaume-Uni et cinq pour l’Allemagne. Un triomphe français, donc.
Chez nous, l’État assure les neuf dixièmes des frais occasionnés par l’enseignement, et la crise n’a pas entraîné une réduction du budget. C’est énorme, compte tenu du fait qu’au Japon et au Royaume-Uni, on ne dépasse pas les 40 % ; autrement dit, dans ces pays, l’enseignement privé dépasse l’enseignement public. Mais toutes les universités ne sont pas également financées, car un étudiant de Polytechnique, par exemple, coûte quinze fois plus cher à l’État qu’un autre inscrit en lettres.
Outre cela, il y a le système des indemnités versées aux étudiants, et là, c’est l’inverse de cette tendance, puisque l’École Normale Supérieure gagne le pompon : les normaliens reçoivent... 1500 euros par mois, contre moins de 800 pour les polytechniciens. Ce qu’on appelle une minorité choyée, et comprenne qui peut.
Mais le plus grave problème, c’est que l’enseignement supérieur accueille une foule d’étudiants qui s’engagent dans des filières sans débouchés ; autrement dit, au bout, c’est le chômage assuré ! Pour ne rien dire de l’inégalité des chances, selon la classe sociale d’origine de l’étudiant. Mieux vaut, en effet, avoir une famille aisée, et cela tend à s’aggraver, sachant que, entre 2006 et 2010, le pourcentage d’étudiants issus de milieux dit défavorisés est tombé de 35 à 31 %, quand ceux du camp d’en face sont passés de 32 à 36 %.
Mais les socialistes vont nous arranger tout ça, c’est certain.