Grandes écoles : les tarifs

Publié le par Yves-André Samère

Si vous lisez, comme je le fais, la presse économico-financière, vous avez constaté que, chaque fois qu’est cité le nom d’un dirigeant (PDG ou administrateur) d’une grande entreprise, on trouve toujours, près de l’article, la photo de l’individu, accompagnée d’une courte notice biographique, rarement cruelle. Or, cela ne rate quasiment jamais, vous vérifierez qu’immanquablement, ce cadre ou membre du patronat est issu d’une grande école, préférablement de commerce – jamais d’une école de lettres ! Les écoles les plus souvent citées sont l’ESSEC et HEC.

Mais n’imaginez pas qu’on entre comme cela dans ces fabriques de têtes d’ampoule. Outre le concours d’entrée, assez difficile, il faut encore acquitter des droits d’inscription annuels, qui sont plutôt élevés. De sorte que, pour accéder via ses études à la classe sociale la plus élevée, il est préférable d’y appartenir déjà !

En fait, seules deux écoles en France admettent gratuitement leurs élèves, Polytechnique et l’ENA – laquelle est généreuse, puisque, outre ces frais inexistants, elle verse un salaire mensuel à ses élèves, et dépense donc chaque année 83 300 euros pour chacun, record absolu. Pour les autres, l’éventail est très large. La moins chère est l’École Normale supérieure de Lyon, qui ne fait payer que 250 euros par an, alors que chaque élève lui coûte 23 000 euros. La faculté d’Assas vient juste après, avec 255 euros annuels. Il est bien entendu que l’État paie le reste. La plus chère est l’ESSEC, qui réclame... 15 000 euros par an à chacun de ses étudiants ! La trop célèbre HEC vise haut en demandant 11 900 euros par an.

En réalité, ces frais ne couvrent pas ce que l’école dépense, et la soudure est faite par l’État, par les subventions patronales, et par les dons des anciens élèves. Ainsi, à Sciences-Po Paris, le droit d’inscription est de 5900 euros, alors que chaque élève coûte 13 707 euros ; c’est moins cher à Sciences Po-Lille (1100 euros d’inscription pour 4100 euros dépensés). Signalons toutefois que ces 5900 euros ne sont que la moyenne de ce que payent l’ensemble des élèves, puisque, pour chacun, la cotisation est modulée selon les ressources de sa famille (c’est la même chose à l’université Paris-Dauphine).

Mais il existe UNE école en France qui ne craint pas de réclamer en droit d’inscription davantage que ce qu’elle dépense, c’est l’ESME Sudria (École Spéciale de Mécanique et d’Électricité, créée par Joachim Sudria en 1905), établissement privé formant des ingénieurs, basé à Ivry-sur-Seine, et qui fait payer 8487 euros pour une dépense annuelle de 8140 euros. Comme on se bat pour y entrer, elle aurait tort de se gêner.

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