Je hais les préfaces !
Savez-vous ce que je déteste par-dessus tout, outre le foie gras, les oignons cuits, les films de Kechiche et les promesses des hommes politiques ? Eh bien, c’est la préface des livres ! On jurerait que le préfacier a entrepris de vous dégoûter de l’ouvrage qu’il préface. Et parfois, c’est à plusieurs que ces zigotos se coalisent (évidemment. Difficile de se coaliser tout seul).
Tenez, j’ai à portée de main les Essais de Montaigne, dans l’édition du Livre de poche, imprimée en Italie en mai 2007. Un pavé de 1853 pages, où les écrits de Montaigne proprement dits n’occupent que 1688 pages. Or il faudrait en ôter :
- l’introduction par l’éditeur (12 pages) ;
- l’orientation bibliographique (2 pages) ;
- la note sur l’édition (9 pages) ;
- l’extrait du privilège du roi (1 page) ;
- la préface par sa « fille d’alliance » (sic, et seulement 43 pages !) ;
- et les diverses pages blanches, de garde, de titre, etc.
Sans compter les 21 pages du précis de grammaire et les 40 pages d’index, qui ne sont pas complètement inutiles néanmoins, plus les remarques sur le texte (44 pages), et, naturellement, la table des matières (5 pages à elle seule).
Je me serais bien résolu à cette opération chirurgicale : au moyen d’un cutter, extirper du livre tout ce fatras, qui occupe 8,9 % du livre, ce qui aurait l’avantage d’une cure d’amaigrissement, toujours bienvenue en un temps où l’obésité fait des ravages. Malheureusement, mon seul cutter, qui m’a beaucoup servi à lacérer les fauteuils des salles de cinéma m’ayant récemment infligé de mauvais films (aucun de Kechiche, je ne suis pas assez fou pour perdre mon temps de façon aussi naze), est à ce point usé qu’il n’entamerait seulement pas le contenu d’un bol de crème Chantilly.