« L’antisémite », film de Dieudonné

Publié le par Yves-André Samère

Dieudonné, l’humoriste qui ne fait plus rire (ce qui le distingue d’Arthur, l’humoriste qui n’a jamais fait rire) et l’ami de Jean-Marie Le Pen (ils partagent le même amour pour les juifs, et Le Pen a été le parrain de la fille de Dieudonné), a réalisé un film, L’antisémite, montrant ainsi qu’il sait afficher ses idées. Jusqu’ici, Dieudonné avait seulement produit un film en vidéo, Le divorce de Patrick, qui a été diffusé en DVD uniquement, d’après sa captation le 13 octobre 2003 à l’Olympia.

Adapté d’un de ses sketches, L’antisémite est un film qui a été tourné l’été dernier, a été financé par... un producteur iranien, et présenté comme la « première comédie sur l’Holocauste » (sic). Il a été édité, mais son extrême mauvais goût a fait qu’aucun distributeur n’en a voulu. Dieudonné a tenté de le vendre sur son site avant de l’en retirer, suite à une plainte de la LICRA dont l’avocat a demandé que le film soit censuré, et que Dieudonné soit condamné à 13 000 euros de dommages et intérêt, assortis de 1000 euros d’amende par jour où le film sera encore disponible en ligne. Notons que Dieudonné n’ayant pas pu se rendre au tribunal, l’audience a été reportée au 10 avril ; or Anne-Marie Sauteraud, juge des référés au tribunal de grande instance de Paris, le vendredi 13 avril, a refusé ces condamnations et cette interdiction. La LICRA a fait mine d’être satisfaite, puisque le film n’est plus vendu par Internet, mais la vente peut reprendre quand l’auteur le voudra, et on voit mal pourquoi il se gênerait tant qu’un jugement sur le fond n’a pas été prononcé.

Le film, visible sur YouTube et qui dure une heure et trente-quatre minutes, a été vu en public deux fois seulement : le 15 janvier dernier, au théâtre de La Main d’or, petite salle que loue Dieudonné, proche de la rue du Faubourg Saint-Antoine ; et au trentième festival international du film de Téhéran, en marge duquel se déroulait la deuxième conférence internationale sur « L’hollywoodisme et le cinéma » (re-sic). Objectif de ce festival : réunir des gens qui « combattent le sionisme » (re-re-sic). Détail – comme dirait Le Pen – absolument capital, le professeur négationniste Robert Faurrisson, qui est un proche de Dieudonné, joue dans le film, tout comme il avait participé à un spectacle de Dieudonné en décembre 2008, dans ce théâtre de La Main d’or. Thème du film, d’après le résumé qu’en donne le site Allociné : une femme atteinte du cancer et se voyant mourir demande à son mari qu’il se fasse psychanalyser par un psy juif afin de soigner son antijudaïsme. La rencontre entre ces deux personnages va donner lieu à une sorte de situation comique.

Dieudonné envisage de produire un autre film, Le code noir, qui reviendrait sur la participation des sionistes à l’esclavage en Europe, au XVIIIe siècle. Il devrait être mis en scène par un réalisateur iranien sur l’île de Kish, dans le Golfe Persique. Évidemment, rares sont ceux qui ont relevé que le sionisme au XVIIIe siècle est une ânerie, le sionisme ayant été conçu au début du vingtième siècle ! Un peu comme si on évoquait le « sadisme » de Caligula...

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