L’INSEE et le PIB

Publié le par Yves-André Samère

L’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques) est un organisme d’État, mais pas étatique ; en ce sens qu’il informe le gouvernement, mais n’en reçoit pas d’ordres. Ses membres sont compétents, et l’INSEE est considéré comme sérieux. D’ailleurs, les indications qu’il fournit ne sont jamais contestées. C’est l’INSEE qui calcule, entre autres, le PIB.

Le PIB (Produit Intérieur Brut) est un indice bizarre. En réalité, il s’agit d’un indicateur portant sur la comptabilité nationale, et qui additionne des carottes et des navets – ou plutôt, oublie de compter une donnée capitale, les dépenses. On ne calcule donc que le total des biens et services produits dans le pays, ce qui est proprement absurde, puisque restrictif. Bruno Gaccio a donné cet exemple éclairant : « Si un pays va très mal et qu’il consomme plein d’antidépresseurs, plein d’armes, plein de cercueils et plein de médicaments, ces résultats apparaissent en “positif” dans le PIB ». La chose est très connue, mais on n’a pas encore songé à y remédier. Mais, c’est sûr, notre nouveau Premier ministre va changer tout ça.

Pourquoi ces deux sujets différents ici ? Parce que je compte m’appuyer sur les statistiques, donc incontestables, de l’INSEE, pour vous montrer, données chiffrées à l’appui, que tous les gouvernements depuis au moins trente ans vous ont mené en bateau, avec ce refrain : souhaitons que la croissance revienne vite, afin de faire baisser le chômage.

Or, ce que nos gouvernants appellent « la croissance », c’est l’augmentation annuelle du PIB par habitant, et il est facile de montrer qu’elle est de plus en plus faible depuis... 1980. Selon toutes les études, pour commencer à faire diminuer le chômage, il faudrait au moins 2,5 % de croissance annuelle. Il y a eu une pointe à 4,1 % en 1987 et trois entre 1998 et 2000 (respectivement 3 %, puis 2,9 %, puis encore 3 %). Après cela, on n’a plus jamais atteint les 2 %, et en 2008 et 2009, c’était -2 %...

Chers chômeurs, si quelqu’un incarne la stabilité dans le pays, c’est bien vous !

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