La climatologie est-elle une science ?
La climatologie est-elle une science ? On peut en douter. Mais d’abord, rappelons que ce mot, climatologie, est d’utilisation récente. Naguère, on parlait de météorologie. La climatologie ne date que d’une trentaine d’années.
Qu’est-ce qu’une science ? Que faut-il pour qu’une discipline quelconque soit tenue pour une science ? Allons à l’essentiel : une science fournit une théorie permettant de prévoir à coup sûr les conséquences découlant de telle action ou de telles circonstances connues. Et si un fait contredit la théorie, on en déduit qu’elle était fausse ou inadaptée, et on s’efforce de la corriger. C’est là un point essentiel : la théorie se base sur des faits tangibles et incontestables, et se réfute sur d’autres faits tangibles et incontestables. Le moindre fait permettant de la contester suffit à la rendre invalide ! C’est d’ailleurs cette possibilité de réfutation qui distingue les sciences des autres disciplines.
Or, en matière de climat, les faits, ce sont les relevés de températures, de pluviométrie, de la force et de la direction des vents, et bien d’autres éléments qui constituent ce que nous appelons « le temps qu’il fait » – parlons le langage courant. Et la principale caractéristique de ces éléments, c’est qu’ils sont en nombre infini : il n’y a pas UNE température, pas même une température moyenne (pas plus qu’il n’y a de Français moyen), c’est une vue de l’esprit et une simplification abusive qui tente de masquer notre impuissance à connaître l’ensemble de la situation. Pour que la météorologie ou la climatologie soit une science, il faudrait pouvoir relever TOUS les faits, toutes les données qui la concernent, à tout instant, et se livrer à des calculs d’une ampleur telle que la totalité des ordinateurs disponibles n’en viendraient jamais à bout.
Il ressort de cela que la prévision météorologique est rudimentaire et le restera, et que les prévisions à long terme sont une utopie. Pour tenter de prévoir le climat, on dispose, à la place, d’une béquille, les modèles informatiques. En gros, un chercheur tentera de mettre au point une méthode, une série d’équations, ou tout autre outil, prenant en compte le maximum de données possibles, et fera intervenir ces données en leur affectant des paramètres qu’il ajustera, un peu à tâtons, en considérant la qualité des prévisions qui en résultent. Il est impossible de faire mieux, mais il est tout aussi impossible d’affirmer que ces prévisions sont fiables et qu’on peut en tirer des conclusions à long terme, c’est-à-dire au-delà d’un mois.