La curée des faux culs
À propos de la sauterie d’anniversaire de Julien Dray, Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de la campagne électorale de Sarkozy, n’a pas craint de débagouler cette tirade : « Et François Hollande ne dit rien. Il cautionne ou il dénonce ? [...] Ils rajoutent le ridicule à l’infâme en essayant de nous faire croire que c’était finalement l’anniversaire de Julien Dray qui tombe le 5 mars et pas celui de Dominique Strauss-Kahn qui pourtant tombe le 25 avril. [...] C’est crédible ? »). Donc, hormis le fait que Dray était malade le jour de son anniversaire réel, voilà que Hollande, qui n’était pas présent, se trouve impliqué malgré lui. C’est élégant, et d’autant plus idiot qu’il ne s’est pas gêné pour dire que DSK ne jouait et ne jouerait plus aucun rôle en politique.
Les autres faux-culs, à commencer par Sarkozy, font mine de s’effaroucher pour mieux en rire sous cape, rappelant opportunément que Julien Dray a invité ses amis « dans une ancienne sex-shop de la rue Saint-Denis ». Même « Le Canard enchaîné » fait chorus, via une caricature en page 1 cette semaine. La cerise sur le gâteau, c’est que l’endroit où les fêtards se sont réunis s’appelle « J’ose », ce qui évidemment est scandaleux.
Si ces hypocrites, et j’y inclus les journalistes, avaient pris la peine de se renseigner, ils auraient su que : 1. le nom du restaurant n’est pas une provocation, mais une évocation (du prénom d’un des deux patrons, qui s’appelle José ; il suffisait de consulter les Pages Jaunes) ; 2. que cette partie de la rue Saint-Denis n’est si mal famée, puisque la prostitution s’est déplacée depuis longtemps vers le nord, plus proche des Grands Boulevards et de la rue Blondel. En fait, le quartier est très tranquille et abonde en restaurants – mais manger est peut-être devenu un acte immoral. En revanche, la prostitution de luxe sévit sur les Champs-Élysées, là où se trouve... le Fouquet’s !