La rentabilité vue par Disney

Publié le par Yves-André Samère

Le 28 décembre 1997 sortait aux États-Unis Kundun, film de Martin Scorsese. C’était une sorte de plaidoirie en faveur du Tibet, qui attaquait violemment la Chine. Le film, écrit par Melissa Matheson, alors épouse d’Harrison Ford et qui naguère avait écrit E.T., n’était pas bon, mais, si cette opinion m’est personnelle, elle fut néanmoins partagée par la majorité des critiques du pays. Quant au public, il oublia de venir voir le film. Naturellement, Scorsese n’avait pas tourné en Chine, pas plus qu’au Tibet, mais au Maroc, où il a ses habitudes, bien qu’il déteste prendre l’avion. Et, dans le palais de Mao à Pékin, j’avais reconnu… la préfecture de Casablanca ! La ville qu’après Paris je connais le mieux. On avait seulement rajouté quelques montagnes en arrière-plan.

Kundun avait été produit par les Studios Disney. Vous imaginez donc que Michael Eisner, le PDG de Disney, était désespéré par cet insuccès ; et qu’il comptait organiser une campagne de publicité pour relancer la fréquentation des salles et tâcher de couvrir les 28 millions de dollars dépensés ? Eh bien, pas du tout : il était ravi !

C’est qu’à cette époque, la firme Disney ouvrait un parc d’attraction à Pékin, et que les Chinois, très remontés contre le film qui n’était pas très flatteur pour eux, envisageaient une campagne de boycott contre le parc Disney. Dans la foulée, Harrison Ford, avec plus de cinquante autres personnes, fut interdit de séjour au Tibet !

Eisner avait donc mis dans la balance le bide d’un film et l’échec de son parc, et, entre les deux, son cœur n’avait pas balancé longtemps.

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