Le privé dévorant le public
Figurez-vous, que, pendant les Jeux Olympiques de Londres, le Ministre de la défense britannique prévoyait, à la demande du CIO, d’installer... des batteries de missiles sur des toits d’immeubles d’habitation. Cela, pour protéger des sites olympiques d’éventuelles attaques terroristes !
Cette paranoïa dépasse celle des Chinois en 2008, c’est du moins l’opinion de Patrick Clastre, un historien spécialisé dans l’histoire des Jeux, qui affirme que le degré de contrôle n’a jamais été aussi fort que pour ces jeux à Londres. Et que, pour obtenir un tel degré de surveillance et imposer ce type de règles, le CIO a besoin « d’une dictature ou d’un pays ultralibéral ». Pour la dictature, il a été servi, en Chine ; pour le régime ultralibéral, le Royaume-Uni est le parfait domestique de son modèle, les États-Unis.
La question qui se pose, et que les médias officiels ne se posent PAS, c’est celle-ci : doit-on, au nom de la défense des marques commerciales, faire deux poids et deux mesures et instaurer un régime spécial anti-démocratique, digne des pays totalitaires ? Doit-on laisser les multinationales privatiser les biens communs ? Doit-on laisser le privé empiéter sur le public, l’envahir, voire le détruire ?