Les assureurs ont du cœur
On sait que les compagnies d’assurances sont des organismes philanthropiques, et que seuls des individus répugnament malveillants (je viens d’inventer le mot répugnament, histoire de clouer le bec à ces blaireaux qui voient en moi un puriste opposé à l’évolution de la langue), que des individus dégoûtament malveillants sont capables d’insinuer qu’un agent d’assurances serait capable de ratiboiser le contenu de la sébille d’un aveugle, ou de barboter à un cul-de-jatte les deux fers à repasser qui lui permettent d’avancer dans la vie et accessoirement sur la chaussée – ces accessoires permettent de ne pas mettre les mains dans... n’importe quoi.
Donc, dans les assurances, on a du cœur. Je n’en veux pour preuve que cette innovation récente, et qui entrera en vigueur le 21 décembre prochain, si la malédiction des Mayas nous épargne.
En effet, on sait que, pour calculer ce que doivent leur verser les clients, les assureurs uttilisent des « tables de mortalité » (c’est sympathique, comme nom), lesquelles, selon l’âge du client, fournissent l’espérance de vie dont il peut encore bénéficier. Ces tables indiquent des durées différentes selon qu’on est un homme ou une femme. La table correspondant aux hommes s’appelle TGH 05, celle correspondant aux femmes s’appelle TGF 05. Histoire de donner un exemple, un homme qui a pu arriver à l’âge de 45 ans peut espérer vivre, selon la table, jusqu’à 70 ans et 84 jours, et une femme du même âge, jusqu’à 73 ans et 288 jours. Trois ans et demi de rab, il n’y a pas de justice.
Eh bien, les assureurs viennent de décider qu’il n’y aurait plus DEUX tables, mais une seule, et qu’on se servirait de la table des femmes... parce qu’elles vivent plus longtemps.
Le résultat le plus évident de cette honnête petite manipulation, c’est que les rentes versées aux hommes vont... baisser de 20 % !
Il n’y a pas de petites économies.
(Je ne suis pas certain d’avoir tout compris, mais le cœur y est)