Madame de P...
Quand la droite delègue sur les ondes ses vertueux porte-parole chargés de traîner la gauche dans la boue, elle a des références en matière de vertu ! Cette semaine, le Grand Journal de Canal Plus, où ne siègent que des personnes vêtues de probité candide et de lin blanc, avait invité une femme, Marie-Cécile Guillaume, qui sort un livre intitulé Le monarque, son fils, son fief. Ce livre est un roman à clés, dont les personnages, histoire d’éviter les procès en diffamation, portent des pseudonymes transparents (le Monarque, l’Arménien, plus un dont je parle plus loin, etc.), et prétend dénoncer le climat politique puant qu’a fait régner Sarkozy dans les Hauts-de-Seine : menaces, chantages, violences... et tentative d’imposer le prince Jean à la tête de l’EPAD !
Or, par le plus grand des hasards, l’auteur de ce bouquin est la directrice de cabinet de Patrick Devedjian, président du Conseil général de ce département, et qui hait Sarkozy comme Fillon et Copé réunis, pour un triple motif (au moins) : l’affaire de l’EPAD, justement ; le fait de lui avoir promis puis refusé le ministère de la Justice ; et avoir tenté de lui faire perdre la présidence du Conseil général – toutes ces menaces ayant produit un bide. Soit dit en passant, Devedjian, qui n’est pour rien, bien sûr, dans la rédaction de ce livre, l’a néanmoins estimé « très bien écrit » au micro de Pascale Clark.
Sur Canal Plus, on ne s’est d’ailleurs intéresssé qu’à un seul passage de ce livre, celui où une certaine Madame de P..., député de droite, vient demander une faveur au Monarque, et s’entend demander instamment une fellation. Dialogue extrait du livre : « “Regarde dans quel état je suis, tu ne peux pas me laisser comme ça. Sois gentille... Comment je vais faire mon discours, là, tout de suite ? [Note : il est sur place pour remettre une décoration à... Isabelle Balkany, parce qu’elle le vaut bien] Tu vois bien que j’ai besoin de me détendre ! Allez, c’est pas grand-chose”, supplie-t-il. Cela ne dure que quelques instants. Le Monarque est pressé et madame de P. compréhensive ».
Madame de P... – « P », comme Pintade-à-roulettes ?
Pauvre Françoise de Panafieu, qui ne peut même pas traîner en justice l’auteur de ce livre « très bien écrit » ! Elle est poursuivie par la chkoumoune, décidément. Déjà, en mars 1968, quand les étudiants de Nanterre s’agitaient parce que, les résidences de l’université n’étant pas mixtes, ils ne pouvaient pas aller rendre visite aux filles la nuit, le ministre Missoffe était allé sur place les sermonner, et, tombant sur Daniel Cohn-Bendit, leur meneur de 23 ans, avait cru fin de l’apostropher à propos de son physique supposé ingrat et qui le rendait inapte à séduire les filles. Tout le monde avait éclaté de rire, puisque sa propre fille passait pour la petite amie de Dany ! Cette fille, c’était déjà la future madame de Panafieu...
Elle aurait dû apprendre à chanter, comme Marlene, « Ich bin von Kopf bis Fuss / Auf Liebe eingestellt / Denn das ist meine Welt / Und sonst gar nichts... »
(NB : tous deux, Françoise et Dany, ont démenti par la suite. What did you expect?)