Massacres de harkis : et le vrai responsable ?

Publié le par Yves-André Samère

Gonflé, Sarkozy, de s’en aller draguer les harkis avec une promesse déjà faite... il y a cinq ans, et qu’il n’a jamais tenue : celle de reconnaître la responsabilité de « la France » (il veut dire « de De Gaulle », sans doute) dans le massacre de dizaines de milliers de harkis en Algérie, tout de suite après le cessez-le-feu à sens unique du 19 mars 1962.

Ce fut glorieux : hommes abattus, écorchés vifs, brûlés vifs, mutilés, découpés en morceaux (vivants !), enfants égorgés, femmes violées. Le nombre des victimes est évidemment inconnu, puisque cela se passait hors du contrôle des autorités françaises, mais il ne peut pas être inférieur à quarante mille. On ne peut même pas prétendre que ce fut le seul fait d’une population à la haine exacerbée par les évènements : au plus haut de l’État algérien, on avait fait savoir que ces combattants qui avaient choisi de faire la guerre sous l’uniforme français méritaient d’être « punis ».

Ces atrocités étaient prévisibles, mais cela n’a pas retenu De Gaulle d’ordonner l’abandon de ceux dont on avait eu besoin jusque là, avant de les mettre la porte de l’armée ! Avec sanctions diverses à la clé pour les officiers français qui persisteraient, malgré les instructions, à rapatrier leurs hommes. Heureusement, beaucoup ont désobéi à De Gaulle (sinon, il n’y aurait plus de harkis en France) et les ont ramenés, à leur propres risques, sur le sol national... malgré les gendarmes mobiles qui, chargés d’empêcher cette « invasion », comme dirait la famille Le Pen, les attendaient dans les ports français. Ces officiers-là ont sauvé l’honneur.

Alors, monsieur Sarkozy, on fait frapper d’indignité nationale à titre posthume le seul responsable de toutes ces horreurs ?

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