Much ado about nothing
Mon titre fait référence à la pièce de Shakespeare, qu’on traduit en français par Beaucoup de bruit pour rien. C’est en effet ce que l’on constate en France, depuis hier matin, après ce minuscule évènement qu’ont été ces quelques mots rédigés en hâte sur un site abusivement qualifié de « social » par une dame qui flanquerait la nostalgie du célibat à Henry VIII en personne.
La dernière manifestation de folie collective, à ma connaissance, est apparue chez Philippe Tesson, que je tenais jusqu’aujourd’hui pour un homme intelligent et pondéré. Or, au cours d’un magazine tenu sur la chaîne France 24, confronté qu’il était à l’académicien Jean-Marie Rouart (un homme de droite contre un homme de droite, on sait conserver l’équilibre, à la télé d’État), il s’est déchaîné contre François Hollande, l’a traîné dans la boue pour avoir joué les moralistes contre Sarkozy durant la campagne électorale, a estimé que c’était l’homme le plus vulgaire qui soit, et a suggéré qu’il fasse comme Titus – lequel avait éloigné Bérénice à la première occasion.
Ce n’est pas assez, cher Philippe. Et puisque j’ai parlé d’Henry VIII, pourquoi ne pas imiter la sanction qu’il a prise contre Anne Boleyn ? La faute valait bien ce châtiment ! À moins que vous ayez plutôt pensé à Titus Andronicus, qui était plus imaginatif quand il décidait de punir quelqu’un.