Noël en famille
Il semble que l’avanie la plus grave qui puisse arriver à un être humain, c’est de ne pas passer Noël en famille. J’ai entendu ce matin sur France Inter l’interview d’un responsable de l’association Reporters sans frontières, et il a cité deux cas de journalistes victimes des persécutions exercées contre eux, dans leur pays ou ailleurs.
Premier cas, une journaliste ukrainienne qui enquêtait sur la corruption des dirigeants de son pays. Elle a été poursuivie en voiture par des barbouzes gouvernementales, qui l’ont gravement blessée. Elle a donc fini à l’hôpital. Commentaire de l’interviewé au micro de France Inter, sur un ton funèbre : la pauvre femme n’a pas pu passer Noël en famille.
Deuxième cas, un journaliste français, enlevé en Syrie et retenu en prison depuis. Commentaire apitoyé du même responsable de Reporters sans frontières : le malheureux journaliste n’a pas pu passer Noël en famille.
Tout ça est donc très grave. Au lieu de disperser son énergie à lutter contre le chômage, le gaspillage des fonds publics par ceux chargés de les gérer, la pénurie de logements, et, bien entendu, au lieu d’aller faire des guerres en Afrique, autant de sujets insignifiants, le gouvernement ferait mieux de se saisir de ce « douloureux problème », comme on disait naguère à propos de l’homosexualité (rions) : faire en sorte que chacun, de gré ou de force, puisse enfin passer Noël en famille !