Odonymes
Ce matin, dans sa chronique hebdomadaire sur France Inter, François Morel a traité des odonymes – ou hodonymes, c’est comme on veut –, qui sont des noms propres désignant une voie de communication, par exemple Via Veneto (c’est à Rome, et ce nom désigne la Vénétie, une région italienne), Place de la République (un peu partout), ou Boulevard Tino-Rossi (mais ça ne peut exister qu’en Corse, à Ajaccio plus précisément).
Comme il faut toujours donner des exemples, et c’est ce que je viens de faire sans rien piquer sur Wikipédia car j’ai ma fierté, Morel a rappelé que, sur la fin de sa vie, le vénérable Victor Hugo habitait... avenue Victor-Hugo, ce que même De Gaulle n’a pas connu. Et, détail saugrenu, il a ajouté qu’il existait à Thonon-les-Bains une rue François-Morel, petite voie d’une centaine de mètres qui joint le Boulevard du Général-Dessaix à l’avenue du Général-De-Gaulle, justement. Certes, c’est un homonyme du cher chroniqueur, mais ça fait toujours plaisir.
À ce propos, Morel, le chroniqueur cette fois, a fait naguère au Fou du Roi une chronique très drôle où il imaginait que tout le monde, en France s’appellerait Morel. Mais ce n’est pas le seul hasard curieux, puisque, à 18 ans, j’ai connu une fille qui s’appelait Lucienne Diffre, et qui habitait rue Lucien-Diffre. Pas de miracle, c’était le nom de son grand-père, qui apparemment s’était bien conduit à la guerre (je pense qu’il avait dû s’y faire tuer), et l’on avait baptisé de son nom la petite rue où il vivait et où ses descendants perchaient toujours.