Perdu dans un roman ?

Publié le par Yves-André Samère

Il arrive qu’on se lance dans la lecture d’un gros roman comportant beaucoup de personnages. Puis, au bout de quelque temps, malaise : on se comprend plus rien, on confond les personnages, l’intrigue devient obscure, et la lecture devient une corvée. Il y a quelques années, cela m’est arrivé en lisant American tabloid, le premier livre de la trilogie de James Ellroy sur la politique des États-Unis. Aux environs de la centième page, littéralement, je ne savais plus qui était qui, qui faisait quoi, et je commençais même à me demander QUI j’étais. Voilà ce qui arrive lorsque, comme moi, on possède un Q.I. inférieur à la pointure de ses chaussures...

Je ne me suis pas énervé, car je défie quiconque de parvenir à me mettre en rogne. Simplement, j’ai recommencé ma lecture à partir de la première page. Tout s’est alors décanté, et le récit est devenu clair. Par conséquent, lorsque récemment il m’est arrivé la même chose en lisant Deux sœurs, de Robert Littell, j’ai abandonné le roman et en ai remis la lecture à des jours meilleurs.

Ce qu’il y a de pratique avec les livres, c’est qu’on peut faire cela. Pour les films, tant qu’on n’avait pas les vidéos (cassettes VHS, pénibles à manœuvrer car il fallait les rembobiner pour accéder à tel passage, puis DVD, puis Bluray), c’était impossible. Vous vous voyez allant prier le projectionniste de la salle de faire repartir le film à zéro parce que vous êtes perdu ? Ces sagouins ne le faisaient déjà pas quand un incident avait interrompu la séance, car il aurait fallu, là encore, rembobiner des décamètres de pellicule, et ces messieurs sont de petites fleurs délicates que le travail use prématurément. Croyez-moi, suivez le conseil de Philippe Muray, n’allez plus voir les films en salle, téléchargez-les et visionnez-les chez vous ! Au moins, vous pouvez baisser le son...

Je ferai plus tard une petite note sur la comparaison entre film, roman et nouvelle. Vous verrez qu’il y a un abîme entre ces différents genres, et qu’il est presque toujours vain de vouloir faire un film à partir d’un roman, à de rares exceptions près.

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Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
J’ai fait une croix sur Proust. Non seulement c’est un redoutable coupeur de cheveux en quatre, mais son univers n’est pas le mien. Il est fasciné par l’aristocratie et la grande bourgeoisie,<br /> milieux que je rejette, bien que, par ma mère, je descende d’une famille princière de Malte – ce dont je me fiche totalement !
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D
Mon grand regret, pour l'instant, c'est Proust. Il me tombe des mains, même si j'ai ressenti un peu d'ironie au fil des pages.<br /> Je ne désespère pas cependant. Il me fait de l’œil de temps en temps... succomberai-je un jour, et vous inonderai-je de messages enthousiastes ? Allez savoir.
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Y
Je n’ai eu aucun mal à lire « Le nom de la rose », mais je connais des gens qui ont renoncé. Dommage, c’est le seul bon livre d’Umberto Eco. J’ai aussi ingurgité « Le pendule de Foucault », et là,<br /> le roman est vraiment raté. Dommage, l’idée était bonne, or sa réalisation est très ennuyeuse.<br /> <br /> « Les versets sataniques » aussi, c’est un excellent livre. Néanmoins, il a découragé des armées de lecteurs, quoique pour d’autres raisons : ils l’ont trouvé trop picaresque !<br /> <br /> En tout cas, toutes mes tentatives de lire Proust ou « L’être et le néant » ont échoué dès le premier paragraphe. Je n’espère plus rien.
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J
Je dois en être à quatre tentatives de lire "Le nom de la rose". Mais vraiment, il me rebute.
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Y
On peut aussi se payer ma bobine.
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D
Je ne peux que vous rejoindre. J'ai fait dix fois la tentative de lire "le voyage au bout de la nuit". Refermé au bout de 15 pages. Et puis, un jour, je l'ai repris dans ma bibliothèque, et<br /> miracle. Je n'ai pas pu le lâcher.<br /> Et combien d'autres livres faut-il approcher, dire non, revenir, et finalement succomber des années après ?<br /> Question d'âge pour lire tel ou tel ouvrage, disponibilité, lectures précédentes... toute une alchimie qui se crée dans une bibliothèque que le numérique ne pourra, pour mon cas, remplacer. Même si<br /> ma maison rétrécit à cause des livres.
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D
Mince, je crois que je me suis perdue dans votre texte.<br /> Je dois donc le rembobiner, c'est bien ça?
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