Perturbons les perturbateurs
Un ami m’a fait passer une série de conseils, qu’il avait reçu d’un autre, et qui tendent à nous indiquer ce qu’on peut faire si des casse-pieds vous téléphonent pour vous vendre quelque chose dont vous n’avez pas besoin.
Comme, naguère, la chose m’arrivait assez souvent, je m’étais fait inscrire par France Télécom sur la liste rouge, laquelle était devenue gratuite, après d’innombrables décennies d’arnaque (on vous faisait payer dix francs par mois pour ce pseudo-service, comme s’il nécessitait un travail permanent alors qu’il suffisait d’EFFACER votre nom de l’annuaire, et une bonne fois pour toutes !) : l’ARCEP, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, avait en effet remonté les bretelles des truands de cette firme étatique, et imposé cette réforme. Par la suite, beaucoup d’abonnés ont émigré chez Free, qui a inventé la gratuité de l’abonnement téléphonique, et j’ai été de ceux-là.
Bref, voici ce que mon ami conseille.
Première méthode : répondre au casse-pieds que vous êtes occupé « pour le moment », et lui suggérer de vous rappeler un peu plus tard. Mais ce n’est qu’un pis-aller. Évitez de le couvrir d’injures, le malheureux n’est qu’un employé qui gagne sa vie comme il peut, et qui, en général, n’est même pas en France (en fait, il est probablement à Tunis ou Casablanca, dans un centre d’appels, la version moderne de l’esclavage).
Deuxième méthode : dire « Un moment, s’il vous plaît », déposer le combiné et l’abandonner purement et simplement. Quand le perturbateur en a assez d’attendre, ce qui ne traîne jamais puisque son chef de service le harcèle pour qu’il passe un maximum d’appels, il abandonne lui aussi. Vous pouvez raccrocher vous-même dès que vous entendez une série de bips signalant qu’il n’y a plus personne au bout du fil.
Et puis, il y a cette forme d’appel qui n’est qu’un espionnage déguisé : personne ne vous appelle ! En fait, c’est un robot qui passe des appels automatiques et enregistre si vous décrochez ou non. Le but est de déterminer le moment où vous êtes présent chez vous. Lorsque ce précieux renseignement sera en possession de l’appelant, on en profitera, et c’est alors un vrai vendeur qui vous relancera. Heureusement, il y a une parade : si, au moment où vous décrochez, vous constatez qu’il n’y a personne au bout du fil, sabotez la communication en appuyant six ou sept fois de suite sur le bouton « # » de votre clavier téléphonique : perturbée, la machine élimine votre numéro de sa liste ! Pour cette fois seulement, ne rêvons pas, car vous ne parviendrez JAMAIS à faire supprimer votre nom de ladite liste, tant que la loi n’a pas interdit ce type de harcèlement...
Moi, j’ai trouvé autre chose : comme le seul casse-pieds qui m’appelle (tous les trois mois), c’est CanalSat auquel je suis abonné – donc, impossible qu’on supprime mon numéro de la liste des cochons de payants à relancer pour leur faire payer davantage –, j’ai noté les divers numéros depuis lesquels on m’appelle. C’est tantôt un numéro en Allemagne, tantôt un numéro bidon réservé à ce type de service et semblant provenir d’un pays étranger (puisqu’il commence par « 00 ») n’existant pas. Dans ce cas, je décroche et je fais entendre CECI. C’est ce cri de la fille, Fay Wray, qui jouait dans King Kong en 1933. Ça décourage, et le casse-pieds aura laissé tomber avant la fin !