Profitez, c’est à l’œil !
Toujours utile, de lire « Le Canard enchaîné », car ce journal ne se contente pas de glisser, dans ses articles politiques, des peaux de banane sous les pieds de Manuel Valls et Christiane Taubira, personnages qui rappellent de plus en plus Spencer Tracy et Katharine Hepburn dans Madame porte la culotte (en version originale, Adam’s rib, de George Cukor, 1949). Ce journal sait aussi insérer, ça et là, des recettes à mettre de côté en cas de besoin. Par exemple, cette semaine, dans sa rubrique littéraire de la page 6, on apprend que, pour arracher un œil à quelqu’un, « le moyen le plus sûr est d’enfoncer son pouce à l’intérieur de l’orbite près du nez et d’extraire le globe oculaire du côté de la joue ». Tout le monde ne peut pas, comme ce militant du S.A.C. (Service d’Action Civique, milice gaulliste fondée jadis et co-présidée par Charles Pasqua), valeureux nervi qu’on surnommait à juste titre « La Cuillère », s’encombrer de cet ustensile de cuisine quand on partait en mission pour faire parler un adversaire.
Mais enfin, on tremble un peu que ce passage dans « Le Canard » tombe sous les yeux (oh pardon !) de Valérie Trierweiler, qui pourrait y trouver on ne sait quelle inspiration. À la place de François Hollande, on demanderait à son garde du corps scootérisé d’avoir l’œil (oh, encore pardon !).
Il y a aussi ces lectrices du présent bloc-notes, dont je craignais, la semaine dernière, qu’un certain article pourrait leur inspirer l’envie de m’arracher les yeux. Je me demande combien d’entre elles lisent « Le Canard ». Trop, je le crains.