Encore un faux pas ministériel
Les bourdes commises par les branquignols... pardon, je voulais dire les ministres, se multiplient à un tel rythme qu’elles donnent à penser que la génération spontanée existe bel et bien. La dernière en date, à l’heure où je mets sous presse (comme disait San-Antonio), est due à la ministresse responsable (j’en ai marre de lire « en charge », qui est du franglais) des handicapés, Marie-Arlette Carlotti. Handicapée elle-même, mais de la cervelle, la dame s’en était pris publiquement, et bêtement puisqu’elle a choisi de le faire via un tweet plutôt que par la voie officielle, à Facebook et Dailymotion, leur donnant l’ordre de supprimer cette vidéo où l’on pouvait voir des jeunes crétins s’en prendre à un handicapé mental – jeune lui aussi, ce qui ne justifie rien, car il était incapable de se défendre.
Que croyez-vous qu’il arriva ? Facebook s’est dégonflé et a platement obéi, mais Dailymotion, dont je rappelle que c’est une entreprise française contrôlée par Orange, ex-Wanadoo, ex-France Télécom, a envoyé madame Carlotti chez Plumeau (toujours San-Antonio). En substance, nous n’avons pas d’ordre à recevoir, la vaisselle sale s’accumule chez vous, il serait temps de passer aux choses sérieuses, et c’est tout à fait par hasard si, plus haut, j’ai parlé de plumeau.
Rappelons que la loi dite LCEN (Loi pour la Confiance dans l’Économie Numérique – jolie langue de bois, je t’aime), sans doute légitimement ignorée par un membre du gouvernement – enfin, de CE gouvernement – n’impose pas aux hébergeurs de supprimer eux-mêmes les contenus des enregistrements qui flirtent avec la morale, si leurs propres statuts ne le prévoient pas : c’est à la justice de faire ce travail.
En fait, c’est à cause des protestations des internautes que ladite vidéo a finalement été désactivée, mais Marie-Arlette ne pourra pas se vanter de cette victoire, car elle n’y est pour rien. Elle y a seulement gagné un peu plus de ridicule. Histoire de se mettre au diapason de ses collègues. Tous égaux dans le grotesque, c’est ça, la démocratie.
(NB : si-si, je suis toujours de gauche. C’est le gouvernement qui est de droite)