Qu’a donc dit Rastignac ?
Je viens de terminer Le père Goriot, roman de Balzac (dans une édition désastreuse, truffée de coquilles, téléchargée depuis un site qui appartient à Google), où apparaît pour la première fois Eugène de Rastignac, personnage connu de tout le monde PUISQUE la télévision d’État en a fait un téléfilm en quatre parties, en 2001, Rastignac ou les ambitieux. Il devait d’ailleurs réapparaître dans… vingt-six autres romans de Balzac, c’est donc un personnage on ne peut plus récurrent. Dans ce premier roman, c’est un jeune étudiant bourré de bons sentiments, mais il va évoluer en mal par la suite.
Ce que tout le monde connaît aussi, c’est la fameuse réplique « À nous deux, Paris ! » qu’il est censé avoir prononcée. L’ennui, c’est qu’il n’a pas dit cela !
Au dernier chapitre du roman cité, Rastignac vient d’enterrer le malheureux Goriot, mort de l’ingratitude de ses deux filles, qu’il a mariées richement et qui l’ont laissé tomber. Après la cérémonie au Père-Lachaise (heureux temps où les pauvres pouvaient se faire enterrer dans ce cimetière, aujourd’hui trop cher), il monte sur le haut du cimetière, contemple le panorama de Paris à ses pieds, et s’écrie « À nous deux maintenant ! ».
La citation est donc fausse. Une fois de plus, ce que tout le monde croit est inexact.