Rencontre imaginaire
Est-ce que les responsables du Grand Journal, sur Canal Plus, prennent leurs téléspectateurs pour des demeurés ? Antoine de Caunes a eu le culot de parler d’un « rapprochement », en Normandie, entre Obama et Poutine.
Imposture. Le Petit Journal, qui dégonfle toutes les baudruches, a montré le plan général où les deux zigotos, séparés par une trentaine de mètres et une quinzaine de personnalités qui leur bouchaient la vue, ne se sont vus que sur les grands écrans qui les représentaient en un faux côte à côte sur un split screen, trucage fait par le réalisateur de Télé-Poubelle qui officiait. Si vous ne connaissez pas le vocabulaire technique du cinéma, je précise : vous prenez deux caméras. La première filme Obama, la seconde filme Poutine, et, quand bien même ils seraient séparés par beaucoup plus que trente mètres, voire par des centaines de kilomètres, il suffit de monter les deux images obtenues l’une à côté de l’autre, sur le même écran, pour que les deux zouaves aient l’air de se cotoyer, et même de se sourire – alors qu’ils ont très bien pu sourire à n’importe qui d’autre, hors du cadre de l’image.
Ce type de trucage, ultra-basique, est à la portée d’un gosse de huit ans. On fait bien pis, au cinéma. Il est même possible, avec un peu de trucage numérique, de faire en sorte qu’un personnage soit dédoublé sur l’image, comme en a témoigné cette séquence, également dans le Grand Journal, où le chanteur Stromae apparaissait en homme et en femme dans un écran unique.