République ou monarchie, que choisir ?
Puisque la reine d’Angleterre jubile en ce moment (ce n’est donc pas une annus horribilis comme il y a vingt ans), essayons de compenser l’impertinence de ces grossiers personnages qui ont parlé, à propos de la fête d’aujourd’hui, de « barge royale » : Sa Majesté est incontestablement royale, mais elle est loin d’être barge !
Le Royaume-Uni, comme son nom l’indique, est donc une monarchie. Voici par conséquent l’occasion de se poser la question : une monarchie, c’est mieux, ou c’est moins bien qu’une république ? Le cher Loránt Deutsch, que j’adore mais qui en prend plein la tronche en ce moment, vous répondrait que c’est mieux. Et, en effet, vu que république et démocratie, ça fait deux (allez donc voir en Russie ou en Algérie), on est bien obligé de constater que les monarchies du nord de l’Europe sont des modèles de démocratie, même si ce modèle n’a pas encore gagné les pays plus méridionaux (allez donc voir au Maroc).
Il est vrai que chez nous, la république existe dans une version curieuse. Taillée par Michel Debré selon le patron indiqué par, euh... son patron Charles De Gaulle, notre constitution (à propos, les Britanniques n’en ont pas, non plus que de fête nationale, or leur pays ne marche pas pour autant sur la tête) veillait à satisfaire tous ses caprices, et s’y est prêtée admirablement, mais elle ne convient plus à ses successeurs, qui n’ont pas « sauvé la France », comme il est d’usage de le croire. Explication : De Gaulle connaissait la France, SA France, mais pas les Français, entouré qu’il était de courtisans qui ne lui disaient que ce qu’il avait envie d’entendre. Il s’ensuit que notre pays, lui, marche effectivement sur la tête, avec un président dont les pouvoirs excèdent de loin ceux de n’importe quel souverain de n’importe quelle monarchie, sans qu’il existe le moindre contre-pouvoir (et Chirac, qui y avait un vif intérêt personnel après avoir tant VOLÉ, s’est arrangé, avec quelques complicités, pour rendre le président absolument intouchable, au point que si notre président actuel révolvérisait son Premier ministre, en plein jour, sur la Place de la Concorde, on n’y pourrait rien).
Alors, la monarchie, supérieure à la république ? Pas vraiment ! Il nous reste quand même cette possibilité, lorsque nous avons un chef d’État incapable, corrompu, ou un panier percé, de lui indiquer la porte de sortie. C’est ce que nous venons de faire, et, jusqu’ici, nous ne nous en plaignons pas trop. Mais patience...