Coin-cuisine
Puisque j’ai parlé précédemment de cet Allemand qui avait tué et mangé une victime consentante, voici quelques précisions.
Le cannibale, né le 1er décembre 1961 à Rohtenburg dans une famille aisée, s’appelait Armin Meiwes, et c’était un informaticien d’apparence et de comportement tout à fait paisible. Plutôt solitaire, élevé par une mère autoritaire, Armin était homosexuel et sadomasochiste, complètement accro à son ordinateur et aux sites de rencontres sur Internet, avec une préférence pour les sites spécialisés dans le cannibalisme et la torture. Quand sa mère meurt et lui lègue la ferme familiale, il y aménage une salle de torture avec un système de poulies et crochets, et une table de dissection d’animaux. En 2001, sous le pseudonyme Franky, il met plusieurs annonces sur Internet, ainsi conçues : « Recherche homme entre 18 et 30 ans, bien bâti et désirant se faire manger ». Il obtient une demi-douzaine de réponses, mais plusieurs candidats se dégonflent, et il choisit Bernd Jürgen Armando Brandes, alias Cator, ingénieur berlinois de 43 ans, qui a vendu tout ce qu’il possédait en prévision de sa mort, et qu’il rencontre sur place en mars 2001. Après des rapports sexuels, ils décident d’un commun accord de sectionner le pénis de Bernd Jürgen Armando Brandes (après anesthésie et une prise de drogue), le cuisinent « rôti, flambé au rhum », et le mangent ensemble, cette scène, qui dure plus de neuf heures, étant filmée. Puis, alors que son invité a perdu connaissance après plusieurs coups de couteau à la gorge et qu’il le croit mort (mais la vidéo qu’il visionnera le lendemain prouve que sa victime vivait encore), Meiwes l’étripe et découpe trente kilos de chair, dont il gardera des morceaux au congélateur pour les manger plus tard – et ces repas différés, préparés selon plusieurs recettes différentes, vont durer plusieurs semaines.
Le 10 décembre 2002, recherchant une seconde victime consentante, il est dénoncé, arrêté par la police, qui trouve chez lui plusieurs sacs de viande humaine. Il avoue, déclare regretter son geste mais garder tout de même « un souvenir intense et positif du repas ». Plusieurs experts psychiatres le déclarent sain d’esprit et pouvant donc être jugé. Pour lui éviter la perpétuité, son avocat Harald Ermel plaide un homicide sur demande (!), et il est condamné à huit ans et demi de prison par le tribunal de Kassel. Ce verdict indulgent est dû au fait que le Code pénal en Allemagne n’a pas prévu le cannibalisme, qui n’est donc pas un délit ! En avril 2005, le Parquet juge la peine ridiculement insuffisante, et saisit d’un pourvoi en cassation la Cour fédérale allemande afin de le rejuger pour assassinat à caractère sexuel. Le 9 mai 2006, le tribunal de grande instance de Francfort le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité.
En 2006, un film de Martin Weisz, Rohtenburg (présenté au marché du film à Cannes sous le titre Confession d’un cannibale, puis sorti à Nantes le 26 septembre 2009, et en salles le 4 août 2010), s’inspire lointainement de son histoire, mais le présente comme un assassin prenant plaisir à tuer. Meiwes parvient à le faire interdire, mais en Allemagne seulement, pour ne pas influencer les jurés.