Rions avec les religions
Les religions sont pour moi un constant sujet de rigolade, et mon perpétuel étonnement vient de ce que les croyants ne voient pas en quoi elles sont comiques. À vrai dire, je me borne à rire des trois religions monothéistes, la juive, la chrétienne et la musulmane – je les cite dans l’ordre chronologique d’apparition, pour ne pas être suspecté de partialité. Non que les autres cultes soient exempts de, disons, singularités (pour être aimable), et le bouddhisme, par exemple, n’est pas sans fournir de bonnes occasions permettant de rire sainement – j’ai un ami bouddhiste. Du reste, le dalaï-lama s’emploie à entretenir cette réputation, à coups d’aphorismes burlesques. Mais les adeptes de ce culte prennent généralement la précaution de prétendre que leur religion n’en est pas une, ce qui est une façon de couper l’herbe sous le pied des ricaneurs.
La religion chrétienne, elle, s’appuie sur le Nouveau testament, qui commence par les quatre évangiles canoniques, c’est-à-dire ayant reçu l’estampille officielle parmi des dizaines de textes qui ont été écartés (les Apocryphes) par l’Église. Prudente, l’Église, car certains de ces textes étaient délirants et offraient de Jésus une image désastreuse. Par exemple, celui qui montrait Jésus enfant : on y racontait que le futur Sauveur y faisait mourir un de ses petits camarades de jeu qui avait eu le culot (ou l’imprudence) de le battre en jouant aux osselets !
Il est vrai que ce type de comportement n’a pas été tout à fait gommé dans les évangiles canoniques, puisqu’on y voit, dans celui de Mathieu, Jésus se vengeant sur un figuier qui ne lui avait pas donné de fruits, et le desséchant pour le « punir ». Sans compter les deux mille cochons (c’est dans Marc, chapitre 5, versets 1 à 20), dans lesquels il avait chassé les démons ayant envahi un de ses admirateurs : l’opération de transfert achevée, les cochons furent proprement noyés dans la mer ! C’était peut-être une répétition pour le Joueur de Flûte noyant les rats de la ville d’Hamelin...