Sa mère ou la Justice ?

Publié le par Yves-André Samère

Intéressante et utile intervention de Daniel Leconte sur Albert Camus ce matin au micro de France Inter. En effet, on a beaucoup reproché à Camus son mot sur sa mère qu’il préférait à la Justice. De là à penser qu’il se fichait de la Justice, privilégiait ses intérêts personnels, ou qu’il préférait l’injustice, il n’y avait qu’un pas que beaucoup ont franchi. Or la citation était tronquée ! Comme celle de Rocard sur « toute la misère du monde »...

Camus se référait à la guerre d’Algérie, et notamment à ceux, comme Sartre, qui avaient approuvé le FLN (Front de Libération Nationale des indépendantistes algériens), lequel avait inauguré le terrorisme à Alger en plaçant au Milk Bar une bombe qui avait tué de paisibles Algérois, évidemment civils. Les partisans du FLN avaient vu dans cet acte criminel, qui devait être suivi de beaucoup d’autres, un acte de « justice » contre le colonialisme. Camus avait alors lancé que, si c’était CELA leur conception de la justice, il préférait sa mère, laquelle vivait à Alger et risquait chaque jour d’être une des victimes du terrorisme. C’était bien sûr très différent de ce qu’on lui a ensuite jeté au visage.

Tous comptes faits, Camus s’est beaucoup moins trompé et a dit beaucoup moins de bêtises que Sartre, successivement partisan de Staline et de Mao, et qui, lorsqu’il visita l’Allemagne au début du nazisme, n’y avait pas vu le moindre nazi !

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