Tous les problèmes résolus (ou presque) !
On sait qu’aujourd’hui, la quasi-totalité des gogos possèdent...
Pardon, je reprends : on sait qu’aujourd’hui, la quasi-totalité des citoyens soucieux de modernité donc aspirant à vivre avec leur temps possèdent un téléphone mobile, cellulaire, qu’en France seulement on qualifie de « portable ». Certains, qui ne supportent décidément pas le silence, y ajoutent un baladeur numérique, lequel les aide à ne pas entendre arriver les voitures et à se faire plus sûrement écrabouiller sur la chaussée – ce qui rend cet engin fort sympathique aux yeux des partisans de la sélection naturelle. Enfin, les ordinateurs portables sont devenus des objets usuels. Or tous ces objets fonctionnent avec des batteries rechargeables. Hélas, les batteries ont une foule d’inconvénients : elles ont une autonomie assez limitée (un ordinateur portable qui tient la charge plus de deux heures est une rareté) ; leur durée de vie ne dépasse pas quelques mois ; elles coûtent très cher ; et elles nuisent à l’environnement quand elles sont mortes – ce dernier argument, je n’allais pas le laisser échapper, ma réputation de civisme en dépend.
Heureusement, la science va nous sauver ! Certains disciples de Géo Trouvetou ont imaginé – je ne dis pas qu’ils ont mis au point, ne rêvons pas – une nouvelle technique (les cons disent « une nouvelle technologie ») capable, si jamais elle voit le jour, d’utiliser l’air que nous respirons afin de recharger ces maudites batteries. C’est Byzance. Souhaitons, au mieux, qu’elles nous en laissent un peu pour respirer.
Chez IBM, on est plus réaliste, on a en vue un procédé qui existe déjà, puisque je possède une lampe-torche qui fonctionne très bien sur ce principe : la récupération d’énergie. Petit inconvénient, il s’agit d’énergie humaine. En clair, lorsque ma lampe-torche commence à faiblir, je dois... la secouer ! À l’intérieur, un bidule contenant, me semble-t-il, un aimant mobile et une bobine, transforme ces secousses en électricité puis la stocke dans un condensateur, ou plutôt un supercondensateur (allez voir ce que c’est sur Wikipedia, je ne vais pas vous mâcher le travail). Jamais de panne, et ce type de gadget ne peut s’user, donc il est théoriquement éternel. Malheureusement, cela ne peut donner jour qu’à des batteries de petite dimension. Vous vous voyez secouant votre voiture lorsque la batterie est déchargée ?
Enfin, l’innovation la plus évidente concerne la chaleur dégagée par tous ces appareils. On sait que les microprocesseurs ont pour principal problème la chaleur qu’ils dégagent : non protégé par un ventilateur, un processeur est grillé en quelques secondes ! Cela, parce que, conséquence inévitable de la miniaturisation, l’énergie thermique qu’il produit a du mal à se dissiper, puisqu’elle est générée à l’intérieur d’un bloc de plastique sans aucune ouverture. C’est d’ailleurs le même inconvénient qui affecte les moteurs à explosion équipant les voitures, où plus de la moitié du carburant qu’ils consomment est gaspillée à produire de la chaleur qui se perd dans l’atmosphère et fait tomber leur rendement énergétique à 35 % (et 45 % pour un moteur Diesel). Par conséquent, le bon sens amène à penser que si cette énergie pouvait être récupérée, par exemple avec un circuit hydraulique, on pourrait économiser la moitié de la consommation électrique. Reste à réaliser dans la pratique ce beau rêve !