Trois erreurs (entre autres) de Mitterrand
On encense un peu trop Mitterrand, chez les socialistes, et ce pauvre Hollande se réclame de lui, comme si c’était un exemple à suivre, et comme si Mitterrand avait tout réussi. La vérité est que, outre ses canailleries privées, Mitterrand a commis des erreurs publiques, et, rien qu’en 1984, on devrait bien se souvenir de celles que je détaille ci-dessous.
Depuis la Libération, le monde des banques était soumis à un système dirigiste : les banques étaient encadrées (Vincent Auriol, premier président de la Quatrième République et qui avait été ministre des Finances du Front populaire, avait dit « Les banques, je les ferme ; les banquiers, je les enferme ! »), et ne pouvaient faire ce qu’elles voulaient. En 1984, Mitterrand met fin à cet encadrement, et au programme commun de la gauche par la même occasion. Du coup, « l’Europe sociale » imaginée par Jacques Delors, le père de Martine Aubry, organise une plate-forme néolibérale et... la guerre entre prolétariats. La télévision est mise à contribution, ainsi que « Libération », ex-journal gauchiste. Si-si !
La même année, Mitterrand constate que le Front National a « fait » dix pour cent aux élections européennes, et il décide de diviser son opposition – en clair, le Parti Communiste – en imposant Jean-Marie Le Pen sur les plateaux de la télévision publique. En même temps, il fait créer, par de bons domestiques, le mouvement SOS Racisme, qui combat insidieusement la laïcité afin de mettre à la place le « droit à la différence » et le « multiculturalisme ». Thème sous-jacent : les difficultés d’intégration sont dues au racisme du peuple français. Le mensonge est énorme, et on le subit encore.
Enfin, Mitterrand commande au sociologue Pierre Bourdieu un rapport expliquant que l’échec scolaire serait dû, entre autres, à « l’importance excessive accordée à la trilogie lire, écrire, compter ». On en voit les résultats aujourd’hui : on a réduit l’apprentissage du français, placé l’élève au centre de l’école (au détriment des maîtres), et on a passé à l’as l’acquisition des connaissances.
Si bien qu’aujourd’hui, le summum de l’art, c’est le rap et les œuvres de Jeff Koons.