Voiture électrique - 2
Bien, d’accord, la voiture électrique satisfait à certaines conditions de l’écologie : elle ne pollue guère ; en tout cas, beaucoup moins que la voiture à essence. Mais est-ce suffisant ? Car enfin, la bonne pratique écologique ne consiste pas à se contenter de ne pas polluer, encore faut-il qu’on économise les ressources. Et de ce côté, il y aurait beaucoup à dire. En fait, le simple bon sens suffit à trouver la faille.
Comme je l’ai mentionné ICI hier, les maires des grandes villes veulent éviter que leur patelin devienne une annexe de l’enfer, ce qui part d’un bon sentiment. En foi de quoi, ils ont décidé que les voitures circulant sur leur territoire fonctionneraient à l’électricité, qui, localement, ne pollue pas. Oui, mais voilà, comme le disait le père Muche dans Topaze, l’électricité n’est pas « un fluide gratuit », ne pousse pas sur les arbres, et, avant de l’utiliser, il faut la fabriquer. Où donc ? Évidemment pas au sein des grandes villes ! Vous imaginez une centrale électrique sur la Place de la Concorde ?
Et c’est là que prend place le tour de passe-passe : cette électricité que l’on stockera dans les batteries des voitures, on la produit dans des centrales, soit thermiques (charbon et gaz), soit nucléaires, ou avec ces éoliennes que nous vendent les Chinois. Et comme il faut nécessairement que la production augmente pour alimenter les voitures électriques mises sur le marché, on doit augmenter aussi le rendement desdites centrales, qui se trouvent tout aussi nécessairement hors des grandes villes. Donc en province, à la campagne.
Les provinciaux vous disent merci pour le cadeau : vous ne voulez pas de pollution chez vous, alors vous la déplacez chez nous. Bilan nul.
C’est chouette, la voiture électrique !