Le sens commun contre Sens commun
François Fillon, le voleur que vous savez, a déclaré que, s’il était élu à la présidence de la République, il prendrait dans son gouvernement des membres de Sens commun. Bien.
« Sens commun » est un mouvement ultra-catholique, dont les adeptes se sont signalés lors des manifestations contre le mariage gay, et qui invitaient aimablement Christiane Taubira à remonter dans son bananier pour s’y nourrir de bananes (pas logique : le bananier n’est pas un arbre, mais une herbe géante, il n’a ni tronc ni branches, et je sais de quoi je parle, j’en avais plusieurs sous mes fenêtres quand je séjournais en Côte d’Ivoire). Certes, Chicri est une menteuse, elle s’est ridiculisée en agitant devant les caméras de la télévision un document où était écrit le contraire de ce qu’elle prétendait à ce moment, et elle a saboté l’élection de Jospin en 2002, avec son acolyte Chevènement ; mais, comme avocate du mariage pour tous, elle a été irréprochable.
Donc, Sens commun est un ramassis d’excités qui pensent que les homosexuels n’ont qu’un but dans la vie : détruire la famille. Passons, c’est trop stupide.
D’un autre côté, LE sens commun, qu’on appelait autrefois « le bon sens », est une qualité, une extension de l’intelligence humaine, qui soumet les réflexions et les actions à la réflexion, de préférence préalable, et qui évite de faire n’importe quoi. En somme, c’est une variante de la sagesse que prônent les philosophes.
Il s’ensuit qu’appartenir au mouvement Sens commun, c’est être dépourvu de sens commun ! Et pour que ses adeptes aient choisi cette expression afin de baptiser leur secte, il leur fallait n’en avoir pas beaucoup.
En résumé, tout ça n’a pas de sens (commun).