Atrocités de la pêche à la ligne
Il visait juste, Desproges. Dans sa Chronique de la haine ordinaire que France Inter a diffusée ce matin, il a comparé les chasseurs aux amateurs de la pêche à la ligne, qui passent pour se livrer à une activité tenue faussement pour paisible. Les chasseurs tuent des animaux, mais ne font pas durer le plaisir comme le font les pêcheurs. Peu d’auditeurs ont sans doute fait le lien avec un roman de Montherlant, que j’ai lu vers mes douze ans, Les bestiaires – que plus personne apparemment ne lit. Comme il y parlait beaucoup de corrida, il faisait remarquer que nul, en comparaison, ne condamnait « les atrocités de la pêche à la ligne ». Or ces atrocités sont bien réelles, si on veut bien imaginer ce que doit être le fait d’être accroché par la mâchoire à un hameçon, et d’agoniser longuement par asphyxie.
Ce tableau, qui ne dérange pas la majorité des humains, devraient leur donner à réfléchir au fait que l’espèce humaine se croit à ce point supérieure qu’elle tient pour négligeable toute objection qu’on fait sur la sauvagerie des hommes, lesquels appliquent cyniquement la loi du plus fort.