Hahahadopi !
Il y a des jours où l’on se sent BIEN. Je me sens bien, pour la raison que je vous expose dans le paragraphe qui suit.
La RIAA (Recording Industry Association of America) est, aux États-Unis, cette association, ou plutôt ce syndicat patronal, chargé de défendre les intérêts des maisons de disque. Autrement dit, c’est elle qui dépose des plaintes en justice contre les téléchargeurs illégaux que je suis (à notre grande honte, mais, quand on a le vice dans la peau, on ne peut pas s’en empêcher), et que nous sommes tous, hélas. Et lorsqu’elle dépose une plainte, c’est TOUJOURS pour réclamer aux contrevenants des dommages et intérêts d’un montant pharaonnique, du genre vingt millions de dollars pour avoir téléchargé le dernier chef-d’œuvre de Céline Dion ou d’un rappeur à la noix quelconque.
Or on vient d’apprendre que les revenus de la RIAA ont diminué de 43 % en un an, parce que les contributions des maisons de disques qu’elle représente ont diminué : en 2008/2009, elle était parvenue à leur faire raquer 51,35 millions de dollars, deux ans plus tard, ce n’était plus que 29,1 millions. On leur organise un petit RIAA-thon ?
Que croyez-vous que fut sa réaction ? Elle a été normale : la RIAA a ramené le nombre de ses employés de 117 à 72. Classique. Elle a aussi, et c’est moins classique, fait baisser les frais annuels qu’elle engageait en justice via ses dépôts de plaintes, les faisant passer de 16,5 millions à... 2,34 millions ! Une misère. C’est-à-dire, en clair, qu’elle intente moins – beaucoup moins – de procès pour téléchargement illégal.
Chez nous, des malveillants ont salué la nouvelle par un « Hahahadopi » du dernier mauvais goût. Comme c’est demain l’anniversaire de la Libération de Paris, je propose qu’on fasse devant l’Hôtel de Ville un feu d’artifice un peu spécial, qui fêterait les deux évènements. Une campagne jumelée, ça dit toujours quelque chose aux pubeux.
(NB : je n’ai pas trop exagéré à propos des tarifs de condamnation. Aux États-Unis, Joel Tenenbaum, qui avait été condamné à 675 000 dollars d'amende pour avoir téléchargé et partagé trente chansons, a été débouté en appel, et reste condamné à la même peine)