IVG : commentaire d’un commentaire
Contre je l’ai encore écrit récemment, je suis opposé à la censure. Cela ne signifie pas que je laisse s’exprimer, dans les commentaires déposés ici, n’importe quelles élucubrations réactionnaires. Très majoritairement, mes lecteurs, dont certains sont des amis personnels, pensent en humanistes, et c’est tant mieux.
Il n’empêche que quelques réacs me lisent, sans doute par masochisme, et m’apportent la contradiction. Si cette contradiction reste modérée, je valide leur commentaire, et j’y réponds du mieux que je peux. En revanche, s’ils perdent les pédales et se mettent à écrire des horreurs, je ne tiens pas à souiller les yeux des gens raisonnables, et la prose litigieuse va directement au panier. Inutile en effet de faire de la publicité à des opinions qui relèvent de l’extrémisme le plus condamnable. Je n’ai jamais fait ici la moindre citation des propos de l’extrême droite, notamment, et je m’efforce de ne pas nommer les gens qui les expriment.
Or ce matin, je trouve le commentaire d’un lecteur qui ne doit pas aimer beaucoup mes piques contre la religion et qui prend la Bible au pied de la lettre – ce qu’aucun homme sensé ne ferait, s’il sait lire et ne se contente pas des exégèses officielles. Mais il y a pis, car j’ai, dans les jours récents, donné mon avis sur ce que devrait être l’IVG et le remboursement dont elle bénéficie de la part de la Sécurité Sociale. J’ai donc employé le terme « IVG », en notant qu’il ne m’enthousiasmait pas et qu’il relevait de la langue de bois. Or le lecteur dont je parle, faisant mine de m’approuver, propose de le remplacer par « AVV », autrement dit, « Assassinat Volontaire de la Vie ».
Assassinat... On voit très bien à quelle faction appartient un individu qui s’exprime de cette façon. Nous en avons vu pas mal vociférer dans les rues, ces temps-ci.
Quant au mariage pour les homosexuels, dont personnellement je n’ai jamais dit que c’était une grande cause nationale (c’est une PETITE cause nationale), mais qui ne saurait être refusé au nom de l’égalité des citoyens devant la loi, le même lecteur estime qu’à défaut de « démarier » les couples déjà unis, « on ne devrait plus autoriser d’autres cas », et que la loi qui l’a enfin autorisé devrait être annulée comme « manifestement contraire à l’intelligence ». Il serait donc conforme à l’intelligence d’interdire à certains ce qu’on permet à d’autres, au nom d’une particularité dont ils ne sont en rien responsables et qui ne nuit à personne.
Et si on redéfinissait plutôt l’intelligence ?