Juger la musique, c’est possible
Si fréquemment je m’essuie les pieds sur la radio et la télévision, parce qu’elles le valent bien, il m’arrive aussi de ne pas en dire QUE du mal. Ainsi, aujourd’hui, l’émission quotidienne de France Inter On va tous y passer m’a vraiment plu, surtout parce que son invité principal, le pianiste classique Jean-François Zygel, avait autant d’intelligence, de talent, de savoir... et de bon sens qu’on pourrait en souhaiter (à défaut de l’exiger).
De tout ce qu’il a dit, je retiendrai deux passages. D’une part, que la différence la plus criante entre la musique classique et la musique actuelle, c’est que, sur Bach, Mozart ou Beethoven, comme disent les djeunz, « On ne peut pas danser ». De toute évidence, Zygel a vu un certain film de Sidney Lumet, Running on empty, avec en vedette mon cher River Phoenix ! D’autre part, il a émis un jugement tout à fait pertinent sur la musique de variété comme on la pratique en France, principalement l’indigence des accompagnements à la batterie. Il m’est déjà arrivé de souligner, il n’y a pas si longtemps, que ces arrangements sont si monotones qu’on les croirait joués par une boîte à rythmes.
Mais enfin, il n’y a pas que la batterie, et j’avais développé ce double point de vue, l’impossibilité de danser sur du classique et la pauvreté de la musique en France, analysée selon cinq critères, dans un article que vous pouvez lire ou relire ICI. Je n’y changerais pas un mot, bien qu’il date de deux ans déjà. Après tout, ces critères n’ont pas changé, et il m’étonnerait qu’on puisse en modifier quoi que ce soit.