Outing au « Canard »
Les deux ou trois égarés qui fréquentent encore ce modeste bloc-notes se seront peut-être demandé comment j’avais pu, aujourd’hui même et dans ma notule sur le Kindle d’Amazon, écrire que « Le Canard enchaîné » avait ressassé des « blagues sur les “pédés” […] jusqu’au milieu des années quatre-vingt ». C’est que l’homophobie, de nos jours, on ne plaisante plus avec ça, sauf ce pauvre sot de Régis Mailhot, quand, sur RTL, il traite Steevy Boulay de « super-tapette ». Mais chacun connaît le niveau intellectuel de Mailhot, qui croit encore que l’Immaculée Conception concerne la conception de Jésus par une vierge – alors que ce dogme vise la conception de Marie par sa propre mère…
« Le Canard » homophobe ?
– Eh, Yves-André, c’est bien beau de dénoncer ainsi un journal qui se proclame depuis 1915 « la grande conscience de la gauche » ! On ne critique pas sans preuves, mon gars. Alors, tes preuves, tu les déballes, et fissa !
Très bien, très bien, ne vous énervez pas. D’abord, je vous invite à lire (ou relire) ce que j’en disais le 30 mai de cette année, sous le titre « Le Canard », grande conscience de la presse. Et comme je n’y rapportais que des faits anciens, vous vous dites peut-être que, depuis cette date, les rédacteurs du « Canard » ne sont plus les mêmes, et que les nouveaux sont un peu moins obtus. C’est d’ailleurs ce que m’a écrit l’un d’eux quand je lui ai soumis ces faits.
Alors voici un autre fait récent, puisqu’il date… du numéro paru ce matin : relatant le fait que François-Marie Banier, le photographe et ex-chouchou de Liliane Bettencourt, avait été arrêté et gardé à vue trois jours à Bordeaux, sans aucun avocat, Dominique Simonnot, chroniqueuse judiciaire du « Canard », se demande si le « prochain sur la liste du juge » ne sera pas « l’acteur Pascal Greggory, ancien compagnon de Banier ».
Toutes nos félicitations : les centaines de milliers de lecteurs du journal satirique ignorant que Pascal Greggory était homosexuel sont maintenant au courant. À part cela, au « Canard », on ne dénonce pas. Ah, les joies de l’outing !