« Le Canard » contre les liseuses

Publié le par Yves-André Samère

« Le Canard enchaîné » a toujours été un journal passéiste. Voir ses blagues sur les « pédés », qu’il a ressassées jusqu’au milieu des années quatre-vingt.

Aujourd’hui, il publie dans sa page 5 un article qui entend descendre en flamme les liseuses électroniques. Ou du moins, la liseuse que vend Amazon, le Kindle, deuxième version, vendu 99 euros. L’auteur ignore sans doute que cet appareil a des tas de concurrents, qui n’ont pas les inconvénients du Kindle. Mais peu importe.

Je ne suis pas farouchement favorable aux liseuses électroniques, et je l’ai plusieurs fois expliqué ici, mais du moins ai-je employé des arguments qui tiennent la route. « Le Canard », lui, est tombé pile sur le seul argument qu’il ne fallait pas utiliser : que le Kindle (et ses concurrents) serait « vorace en électricité », ce qui serait écologiquement désastreux. Or le Kindle utilise une « encre » (ce n’est pas vraiment de l’encre, mais peu importe) qui ne demande aucune alimentation en électricité tant que la page n’est pas remplacée par une autre. Au point qu’il peut n’être rechargé qu’une fois par mois. Consommation quasiment nulle, par conséquent.

Les autres arguments restent valables, surtout celui-ci : la durée de vie du livre sur papier est pour ainsi dire illimitée – plusieurs siècles au moins, et les bibliothèques regorgent de preuves irréfutables ; alors que tout enregistrement électronique risque un jour, plus ou moins proche, de ne plus pouvoir être relu, soit parce que le support se sera effacé accidentellement, soit parce qu’il n’existera plus aucun lecteur capable de le faire. Aujourd’hui, les platines tourne-disques capables de lire un disque vinyle coûtent une fortune.

Il y a aussi le fait que, pour fabriquer un livre électronique, il faut passer au scanner un livre sur papier, que cette opération est très difficile à réaliser (à cause de la reliure des livres, qui empêche de placer le livre à plat), et que le résultat est rarement relu, de sorte que les textes sont criblés de fautes.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Politiquement, « Le Canard » est de centre gauche, mais ses journalistes sont de tous les bords. Il y en a eu qui étaient d’extrême droite. Le correcteur maison se charge de gommer tout
ce qui dépasse.

En fait, ce qui domine au « Canard », c’est la mauvaise foi. Forcément, dans un journal, on a le dernier mot, donc on ne risque rien. La semaine dernière, à propos de l’homophobie de
l’article sur Banier, son auteur, Dominique Simonnot, m’a taxé moi-même d’homophobie, écrivant que l’homosexualité « n’est pas une maladie honteuse, contrairement à ce que vous avez l’air de
considérer » ! Mais se défendre en attaquant bassement, c’est un grand classique du polémiste.
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Y
Pour en revenir au coeur du sujet (car le palmid... le palmipède est un sujet qui me tient à coeur) :
"« Le Canard enchaîné » a toujours été un journal passéiste."
C'est vrai il est conservateur par bien des cotés, mais cet article sur les liseuses verse plus dans le réac (d'ailleurs j'avais la désagréable impression qu'un article du Charlie s'était glissé
dans mon Canard).
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Y
J’irai voir Feedbooks. Pour les mangas, je ne suis pas amateur.
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Y
"Cela dit, je ne sais pas ce qu’est un palmidé !"
Sûrement un croisement néologique entre un oiseau palmé et un palmipède ^^'

"Ben oui, ça nous pend au nez."
Alors c'est sûr, ce jour-là il ne nous restera plus que les bouquins qui n'auront pas cramé... à condition de ne pas casser ses lunettes ;)

"J’attends encore d’en dénicher un bon."
http://fr.feedbooks.com/publicdomain
Ce site a la réputation d'en proposer en général de bonne qualité.
J'ai pris chez eux "Le journal d'un fou", "L'Affaire Charles Dexter Ward" et "La Princesse de Clèves". Je n'ai pas vu de problèmes de ponctuation ou de mise en forme, ni de coquilles.

Allez, je rajouterai pour la défense de mon cher bout de papier électronique que c'est aussi un excellent outil pour découvrir tous ces nombreux mangas (toujours N&B) qui n'ont pas encore été
édités en France (mais qui ont été scannés et traduits par la communauté des fans).
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Y
« Je pense que le palmidé fait référence à la fabrication des liseuses, qui est effectivement très énergivore ». Possible, mais l’article ne le dit pas, il mentionne seulement « un
gadget bourré de plastique et vorace en électricité, fonctionnant avec une batterie au lithium ». On peut spéculer... Cela dit, je ne sais pas ce qu’est un palmidé !

« Par “un jour, plus ou moins proche” vous sous-entendez une époque post-apocalyptique sans plus d'électricité, ni d'ordinateurs, ni d'internet ». Ben oui, ça nous pend au nez.

« Je suis tombé aussi sur quelques textes du DP bourrés de coquilles, mais est-ce vraiment une généralité ? ». Suffit de faire l’expérience ! Les livres gratuits car tombés dans
le domaine public ne servent que d’alibi aux éditeurs, donc leur texte n’est pas relu. J’attends encore d’en dénicher un bon.

PS : le Sony PS J20 n’est plus vendu.
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Y
« Le Canard », lui, est tombé pile sur le seul argument qu’il ne fallait pas utiliser : que le Kindle (et ses concurrents) serait « vorace en électricité »
Je pense que le palmidé fait référence à la fabrication des liseuses, qui est effectivement très énergivore, comme pour tout appareil électronique (sans parler de l'utilisation de métaux rares et
de la consommation de grandes quantités d'eau)
A mon avis c'est le seul gros défaut de ces engins (mais bon, seulement 40 bouquins pour équilibrer la balance écologique, ça reste raisonnable).

"tout enregistrement électronique risque un jour, plus ou moins proche, de ne plus pouvoir être relu"
C'est un vrai problème qui concerne surtout l'information sur support physique (surtout en informatique, quand de vieux supports deviennent illisibles faute d'appareil pour les lire).
Cela concerne beaucoup moins le format ebook qui est dématérialisé (effet de rémanence du net). On pourra toujours le lire avec n'importe quel ordi (pour éventuellement le convertir dans de
nouveaux formats).
A moins bien sûr que par "un jour, plus ou moins proche" vous sous-entendez une époque post-apocalyptique sans plus d'électricité, ni d'ordinateurs, ni d'internet...

"Aujourd’hui, les platines tourne-disques capables de lire un disque vinyle coûtent une fortune."
Moins de 100 euros pour une Sony ps-j20, pour moi ce n'est pas une "fortune".
A comparer au prix des platines CD de qualité...

"les textes sont criblés de fautes."
Je suis tombé aussi sur quelques textes du DP bourrés de coquilles, mais est-ce vraiment une généralité ? (Je pose sérieusement la question car je n'en sais rien).
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Y
Forcément...
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K
ben merdre, ja fé une fote. Bien sûr, je parlais des livres récents. Les ouvrages dont les droits sont "tombés" dans le domaine public sont antérieurs à l'ère numérique.
Forcément ! :-)
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Y
En fait, si les epub(s) étaient composés d’images, il y aurait deux inconvénients. D’une part, le fichier produit serait très lourd : imaginons un texte de 400 pages numérisé de cette
façon... D’autre part, la mise en page serait figée, et le texte ne s’adapterait jamais aux dimensions physiques de l’écran. Ce qui fait que les fichiers PDF, justement figés, ne conviennent pas
aux liseuses.

Cela dit, l’epub a encore quelques inconvénients : certains caratères peuvent ne pas être reconnus (OCR défaillant), et les notes de bas de page, être rejetées en fin d’ouvrage. Tout ça, je
l’ai expérimenté en fabriquant des fichiers epub. Il semble qu’aucun format n’est vraiment satisfaisant.
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J
Mal réveillé, j'ai raisonné en scan version jpg, alors qu'effectivement, il faut un OCR pour convertir le visuel en texte.
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Y
Commentaire du commentaire de Kotec (ce commentaire lui-même issu d’une numérisation ratée, à en juger par son orthographe) : ainsi donc, les romans de Stendhal ou Balzac existaient sous forme
électronique avant d’être publiés ? Intéressant...

Le seul avantage du Kobo vendu par la FNAC, c’est d’avoir un écran tactile, ce que le Kindle n’a pas. Mais il coûte 30 euros de plus. Il y a certes une possibilité de pseudo-cadeau de
30 euros, mais sous forme de bons d’achats... à la FNAC !
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Y
Mais non, Julien, tu n’y es pas.

Et d’une, les logiciels d’OCR (reconnaissance de caractères) sont loin d’être parfaits, et je n’en connais aucun qui ait un taux de reconnaissance de cent pour cent. Exemple de faute
classique : mal interpréter les guillemets droits, et les traduire par deux apostrophes. Ou ignorer les espaces. Et bien d’autres scories.

Et de deux, dire que la faute existait déjà dans le texte originel, ça ne tient pas. Je suis en train de lire dans une version epub « La chartreuse de Parme », de Stendhal, et les fautes
que je ramasse à chaque page ne sont pas dans le livre sur papier ! Ça se vérifie facilement. Même remarque pour tous les livres électroniques qui me sont passés sous les yeux, comme « La
princesse de Clèves » ou « Le père Goriot ».
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K
A présent, les livres existent sous forme électronique avant d'être imprimés. Les ouvrages réçents devraient être donc sans fotes dans le format Epub ( c'est le seul qui a mes faveurs).
Je me suis acheté un Kobo Reader à la fnac pour 99 euros et j'en suis très content.
Pour finir je ne dirais qu'un mot ou plutôt qu'une URL:
http://www.teamalexandriz.org/
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J
Pas d'accord avec ta dernière phrase. Si le livre électronique est issu du scan du papier, alors les fautes qui pourraient s'y trouver étaient déjà dans l'exemplaire papier.
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