Tout vérifier
Ce qu’il y a de bien ici, c’est qu’on est lu, non seulement par des gens intelligents, ce qui à la longue est un peu monotone, mais aussi par toute la gamme des tarés, qui ne manquent jamais – vous ayant lu en diagonale et compris de travers – de vous apostropher sous les prétextes les plus absurdes. Le plus fréquent de ces prétextes, mais pas le seul : je me serais trompé en écrivant ceci ou cela. Et donc, on en tire d’aimables conclusions, du genre « Tu colportes des ragots » ou « Tu ne lis que la presse de caniveau ».
Certes, j’admets avoir parfois écrit une information pas tout à fait exacte. Ainsi, j’avais, il y a longtemps, dit que le seul animal de la Bible doté de la parole était le serpent, celui qui a tenté Ève, l’incitant à désobéir à Dieu en mangeant le fruit de l’arbre de la connaissance – dont presque tout le monde croit que c’était une pomme, alors que non. Ce qui, à elle et à son époux Adam, valut d’ailleurs quelques petits ennuis. Or un lecteur m’a fait savoir aimablement que ce n’était pas le seul animal qui pouvait parler, et qu’il y avait aussi, quelque part dans l’Ancien Testament, une ânesse sachant causer. J’ai vérifié, cette ânesse est bien mentionnée, et j’ai rédigé un autre article. Car enfin, avouez que l’erreur était colossale et mettait en péril ma crédibilité.
Il y a eu plus grave, lorsque j’ai eu, le 11 mars 2011, l’idée saugrenue de commettre un article sur le finnois, la langue des Finlandais, qu’en raison de sa simplicité je recommandais à tous les amateurs, bien que je ne la parle pas. Or un lecteur très fâché m’a traîné dans la boue pour une indication sur les peuples parlant cette langue. Certes, je m’étais documenté à une source que je pensais fiable, puisqu’il s’agissait d’une Finlandaise qui enseigne en France, à l’université de Caen, et qui était l’auteur de la méthode Assimil sur Le finnois sans peine. J’ai donc écrit à cette dame, qui m’a répondu pour me confirmer qu’en effet, elle avait laissé passer une erreur, que l’éditeur de la méthode, ignorant tout du finnois, n’avait donc pas fait corriger. J’ai supprimé de mon petit texte le point litigieux, et le reste est en béton.
Si bien que vous n’avez plus aucune excuse pour ne pas étudier le finnois à vos moments perdus.