Hollande et les chameaux

Publié le par Yves-André Samère

Vous vous souvenez de ce cadeau on ne peut plus approprié, un « chameau », disait la presse, toujours bien renseignée (en fait, un dromadaire, car il n’y a pas de chameaux en Afrique, même si, au sens strict, les deux appartiennent à la même espèce), cadeau qu’avait fait à François Hollande, le 2 février 2013 à Tombouctou, le très reconnaissant président du Mali – qui a depuis démissionné –, Dioncounda Traoré, pour avoir envoyé sur place notre armée afin de débarrasser le pays des allumés de Boko Haram – dont on espère qu’il n’est pas parent de Sophia Aram. Cadeau un peu encombrant : où le caser ? Dans l’appartement du quinzième arrondissement, que le chef de l’État partageait encore avec un autre chameau, avant de se conduire lui-même comme un chameau ? J’ignore si vous avez beaucoup côtoyé des chameaux, mais je peux vous dire que cet animal est assez bruyant et désagréable (son cri s’appellerait blatération, mais, à ma connaissance, ce terme ignoré des dictionnaires, seul San-Antonio l’a utilisé dans Aux frais de la princesse et dans Fais pas dans le porno), et les voisins se seraient certainement plaints. Dans le parc de l’Élysée ? Certes, la chose est possible, mais il y a déjà les canards laissés par Chirac, et ce voisinage présentait quelques inconvénients (je crois que les dromadaires se nourrissent essentiellement de canards).

Rapide, comme toujours lorsqu’il s’agit de prendre une décision, M. Hollande a donc décidé de confier l’animal à une famille malienne, qu’il supposait experte ès chameaux. Hélas, mauvais choix ! Selon le propre ministère de la Défense (le nôtre, pas celui du Mali) qui l’a su le 7 mars, ladite famille, cyniquement, a... mangé le chameau. Et en tajine, ce qui ne convient pas du tout à ce type de viande, soit dit en passant. Enfin, je le suppose, car je n’ai jamais mangé que de la cervelle de chameau, et n’ai pas goûté le reste. Du coup, et selon Europe 1 qui cite l’agence Reuters, le Mali, honteux et confus, a promis d’envoyer à Hollande un nouveau chameau « plus beau et plus gros ». Et revoilà le président avec un chameau supplémentaire...

Toujours est-il que cette histoire a inspiré un auteur de théâtre franco-australien, Berty Cadilhac (si-si, ce nom n’est pas un gag !), qui a écrit une pièce comique, d’abord jouée à Londres, puis au Festival d’Avignon, On a mangé le chameau de M. Hollande, laquelle se déroule au ministère de la Défense dont je parlais plus haut. Elle se joue en ce moment à Paris, au théâtre Daunou, dans le quartier de l’Opéra, et elle a beaucoup de succès.

Publié dans Humour, Théâtre

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Il faut dire que le sujet est tentant !
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