Phobies

Publié le par Yves-André Samère

Une chose m’étonne, chez les animateurs de radio-télés (ce qui me hérisse, c’est leur bêtise, mais nous sommes dans ma semaine de bonté). Il s’agit de cette manie qu’ils ont, lorsqu’ils interrogent une personnalité, de s’enquérir de ses phobies. Et de suggérer une liste, dans laquelle figure TOUJOURS en premier... les araignées !

Je comprends mal ce qu’on reproche à ces animaux, la plupart du temps inoffensifs. J’en dirais autant des serpents, d’ailleurs. Ensuite viennent généralement les cafards, les souris et les rats, et très loin puisque vous n’en avons guère sous nos climats, les scorpions et les fantômes – Emmanuel Macron étant classé hors catégories, bien entendu.

Pour en revenir aux araignées, je vois bien d’où vient cette peur touchant à la panique : elle tient à ce qu’on nous a toujours bassinés, dans notre enfance, avec des histoires de veuves noires et de mygales. Or les araignées, comme la plupart des animaux, n’attaquent pas les humains (sauf dans le film L’homme qui rétrécit, mais c’était issu d’un roman de Richard Matheson, certes génial, et je mettrai un jour en ligne sa première nouvelle, qui l’a rendu célèbre à vingt-quatre ans, Né de l’Homme et de la Femme ou Le journal d’un monstre, vous verrez que le mot génie n’est pas excessif). Néanmoins, l’araignée, si elle se croit attaquée par vous, peut tenter de vous piquer, mais elle ne vous fera pas grand-mal et vous flanquera peut-être un accès de fièvre, pas plus.

Au fait, je profite de cette occasion pour mentionner que le scorpion, terrifiant par son aspect, n’est guère dangereux lui non plus, et peut même être apprivoisé, dans une certaine mesure. J’ai vu, dans un village saharien, un type qui attirait les touristes en faisant ce numéro sur la place du marché : il prenait quatre scorpions noirs, les reliait par la queue et les mettait dans sa bouche. Il n’a jamais été piqué ! Essayez donc avec une ou deux araignées, un jour où vous n’aurez rien de mieux à faire. Si vous avez des enfants (que je qualifie souvent de « petits scorpions »), hurlements garantis.

Publié dans Curiosités

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

A
Merci pour cette petite mise au point raisonné, ne parlons pas des requins...<br /> Petite précision, dans l'écrasante majorité des cas une araignée mord et ne pique pas.
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Y
Les requins, j’en ai parlé abondamment. Quant aux araignées, si j’ai dit qu’elles piquaient – et pas qu’elles mordaient –, c’est parce qu’elles font cela, non avec des DENTS, mais avec deux DARDS externes (appelés « chélicères »). Il faut éviter de reprendre les informations imprécises que publie Le Plus du « Nouvel Obs » !
K
du journal d'un monstre, je me souviens (approximativement) de :" Je suis réfugié dans un coin et j'ai coulé tout vert, Maman à eu peur...."<br /> un délice.
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Y
Exact ! Il n’y a que quatre pages, et c’est prodigieux. Il faut absolument que tout le monde le lise.
D
Vivant à la campagne, heureusement que je n'ai pas peur des araignées, loin de là. Une de ces dames (qui est peut-être un monsieur, d'ailleurs) s'est installée entre un porte-lettres et ma lampe de bureau. Je l'ai vue en action, en train de paralyser puis d'emporter une mouche prise dans sa toile. Efficace.
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Y
J’aurais dû citer « Clérambard », pièce de Marcel Aymé, où le père invective son crétin de fils, qui avait coupé avec des ciseaux les pattes d’une araignée. Il la désignait comme « notre sœur l’araignée ».