Censure douce au « Canard enchaîné »

Publié le par Yves-André Samère

Tout journaliste travaillant dans un journal conserve le droit de publier des livres sans avoir besoin de demander la permission à son directeur : en France, la presse et l’édition sont libres, et c’est tant mieux. Toutefois, il peut y avoir des retours de manivelle !

Si vous lisez régulièrement « Le Canard enchaîné » et faites attention aux signatures à la fin des articles (souvent, ce ne sont que des initiales, comme C.N. pour Christophe Nobili ou D.S. pour Dominique Simonnot), vous avez bien dû noter les noms de Christophe Labbé et de Didier Hassoux, chargés dans ce journal des questions de police et de justice. Or, depuis quelque temps, ces noms ont disparu. Cela signifie-t-il qu’on a renvoyé ces deux rédacteurs ? Pas du tout ! Ils sont « simplement » interdits de signature. Ils peuvent écrire, mais pas signer. « Le Canard » censurant ses propres journalistes, c’est original, pas vrai ?

La raison en est que tous deux ont publié, il y a quelques mois, un livre intitulé Bienvenue Place Beauvau, dans lequel ils racontaient que François Hollande disposait, à l’Élysée, d’un « cabinet noir » lui permettant d’écouter ses ennemis, et même ses prétendus amis politiques. Or François Fillon avait sauté sur l’occasion et utilisé cet argument avant le premier tour de la campagne présidentielle, histoire d’avancer que LUI ne mangeait pas de ce pain-là. Rions... Et vous vous souvenez peut-être que Yann Barthès avait reçu Hassoux et Labbé dans son émission Quotidien, et que les deux trublions y avaient fait une drôle de tête, affirmant, mais un peu tard, que ce passage de leur bouquin était en fait une hypothèse ! Ben oui, à quoi bon vérifier les faits, quand on lance une accusation contre le président de la République ?

Bref, à la direction du « Canard », on n’a pas aimé ces mouvements de tango, et on les a sacqués.

Bon, tout ça n’est pas grave. Dans quelques mois, la direction passera l’éponge, et on les affectera à la gestion des archives. Un peu comme à la télé.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Gilles 08/06/2017 18:58

Seront-ils condamnés à copier cinquante fois les dix articles de la déclaration des devoirs
des journalistes ? Pour les dix articles qui concernent les droits, ils doivent les connaître.

Yves-André Samère 09/06/2017 08:38

Le hic, c’est que ce journal appartient légalement à ses rédacteurs. Il n‘y a donc pas d’autorité supérieure. Si le directeur est soutenu par les journalistes, il peut faire tout ce qu’il veut.