Une saison théâtrale exceptionnelle

Publié le par Yves-André Samère

Parents qui vous désespérez d’avoir un héritier en âge de gagner sa vie mais s’avérant infoutu de seulement nouer les lacets de ses baskets, ne vous lamentez plus : une carrière prometteuse s’offre à lui (ou à elle ; je ne voudrais surtout pas froisser les gourdes sexistes qui scrutent tout ce qu’on écrit, en vue de débusquer les expressions que leurs auteurs auraient omis de mettre au féminin). Et, avec un peu de persévérance, vous en ferez un Louis Jouvet.

En effet, le théâtre ouvre ses portes à tous ! Et l’on ne compte plus les amateurs qui font leurs premiers pas sur les planches, sans même devoir se rendre à Deauville. Preuve que, contrairement à ce qu’on tente chaque jour de nous faire croire, la profession n’est pas réservée à une élite intellectuelle ni même à des individus doués, et tout le monde peut être acteur. Y compris Stéphane Bern !

Ainsi de Jean Sarkozy, fils de son père, malgré sa comparution prévue, le 4 décembre prochain, devant un juge, pour avoir endommagé en octobre 2005 avec son scooter la voiture d’un quidam, lequel lui réclame 260 euros de frais de réparation et 4000 euros de dommages et intérêts. Jean Sarkozy débutera en janvier 2008 dans Oscar, rien de moins, et le seul rôle de la pièce correspondant à son âge est celui qui fut joué, entre autres, par Jean-Paul Belmondo à ses débuts. Par conséquent, Bébel n’a plus de soucis à se faire, la relève est assurée. Quoiqu’il se murmure que le père de Jean, qui lui-même fait beaucoup de cinéma (et lui aurait donc transmis le gène de la comédie aussi sûrement que se transmet le gène de la pédophilie ou celui des tendances suicidaires), aurait tenté de l’en dissuader.

Ce serait grand dommage, puisque Jean aurait eu comme partenaire la fille de... Bernard Tapie. Une distribution de rêve !

N’en concluez pas cependant qu’il est indispensable, pour devenir acteur... pardon : « comédien », comme ils disent tous, d’avoir des parents célèbres. Certes, cela aide, mais ce n’est pas indispensable. Ainsi, Jean-Édouard. Mais oui, souvenez-vous, LE Jean-Édouard qui avait partagé quelques moments intenses avec Loana lors du premier Loft story. Au passage, laissez-moi briser une légende, cela ne s’était nullement passé dans une piscine, comme on l’a tant répété, mais dans le dortoir commun, la nuit, sur un lit et sous un drap : j’ai vu les images, filmées par une caméra infra-rouge placée à l’autre bout de la pièce. Eh bien, Jean-Édouard Lipa, c’est son nom, est à l’affiche d’une pièce, Effets secondaires, à la Comédie de Paris.

Pour en revenir à Loana, en dépit de tout ce qu’on a dit, ce n’est pas Jean-Édouard qu’elle avait embrassé dans la piscine du Loft, mais Steevy. Or Steevy Boulay, nul ne l’ignore, a lui aussi joué au théâtre, dans la première pièce de Ruquier, et il incarnait un rôle de totale composition, puisque son personnage, de second plan,  était un homosexuel très efféminé – donc à l’opposé de sa véritable nature. Eh bien, Steevy va remonter sur les planches, le 6 novembre, au théâtre de la Grande Comédie, dans Le p’tit trésor. Et cette fois, il a le premier rôle. L’affiche le montre en slip blanc, assis dans un fauteuil de style, entouré d’une fille noire et d’un type tenant un pistolet. Par le plus grand des hasards, il incarne encore un homosexuel, Kevin, pris en otage mais qui veut se suicider parce que son amant l’a trompé.

Comme dans la tragédie grecque, on n’échappe pas à son destin.

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