Bidonnage photographique

Publié le par Yves-André Samère

Hier sur France Inter, on a pu entendre la journaliste Marie Colmant, qui fait la revue de presse dans l’émission de cette pauvre Isabelle Giordano, sortir triomphalement un fameux scoop : la photo d’un miséreux illustrant un tract distribué pour le compte de Marine Le Pen était bidonnée, et le clochard (appelons les choses par leur nom) qui dormait sur un trottoir parisien n’en était pas plus un que Carla Bruni n’est une chanteuse.

Elle est bien, Marie Colmant. Rapide, surtout. À cela près que le bidonnage avait été décortiqué... six jours plus tôt, sur Canal Plus, par l’équipe du Petit Journal. On nous avait révélé que la photo provenait d’une base de données d’images sise aux États-Unis, et que la photographe qui prenait les photos et les vendait aux agences avait photographié, tout simplement, son propre mari ! Lequel se prête fréquemment, grimé, revêtu de divers accoutrements, à des séances de pose, dans de multiples situations, afin d’alimenter la collection que commercialise son épouse.

Le cas n’est pas unique, l’UMP et le Parti Socialiste ayant eu recours, eux aussi, à ce genre d’agence pour illustrer leurs sites Internet. Chaque fois, invariablement, les « militants » dont ils se targuent vivaient aux États-Unis et n’avaient aucune conscience de participer aussi activement à la vie politique française.

Moralité : ne JAMAIS croire ce que prétend la publicité.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Oui, mais là, il ne s’agit plus de mode, c’est de l’escroquerie morale.
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D
Je pense que maintenant il vaut mieux prendre la photographie pour un art pictural que le reflet de ce qu'a vu le photographe. Déjà, les magazines de mode retouchent systématiquement les photos (en
oubliant quelquefois le nombril des mannequins), alors ce ne sont que des illustrations, non des témoignages.
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