Moins de kiosques à journaux

Publié le par Yves-André Samère

Les kiosques à journaux existent dans les grandes villes. Dans les petites, on a les librairies du type Maison de la Presse, réseau théoriquement indépendant : il y en a sept cents. À Paris, on trouve 340 kiosques à journaux, et ils existent depuis cent cinquante ans.

Je devrais dire plutôt qu’on les trouvait, car ils disparaissent les uns après les autres, les kiosquiers étant de plus en plus dégoûtés du métier. Deux causes : les grèves à répétition, et la baisse de la diffusion.

L’année dernière, il y a eu au moins six grèves à Presstalis, l’entreprise qui a remplacé les NMPP (Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne). Presstalis est censée livrer les journaux aux kiosques, et récupérer les invendus de la veille (ou de la semaine précédente, dans le cas des hebdomadaires). Pas de journaux livrés, pas de vente, et le kiosquier s’est levé de bonne heure, mais pour des prunes.

Reconnaissant le fait, le Conseil de Paris a voté une subvention de 200 000 euros à répartir entre les kiosquiers qui ont ainsi perdu de l’argent l’année dernière ; il avait fait de même l’année 2011. Il a aussi supprimé la redevance que la Ville leur faisait payer, et a confié la gestion des kiosques, en 2005, à Mediakiosk, qui appartient à Jean-Claude Decaux, au « Monde », au « Figaro » et à « L’Express ». La même année, le nombre de kiosques était tombé à 266 ! Il remonte lentement, et on espère en avoir 376 à la fin de l’année prochaine... si on parvient à re-motiver les kiosquiers.

Mais ce n’est pas gagné, et j’en connais plusieurs qui m’ont annoncé l’abandon de leur métier : le kiosque le plus près de chez moi, sur le parvis du Centre Pompidou, quoique admirablement placé, a changé quatre fois de tenancier depuis le début de l’année ! Les moins chanceux ne gagnent que mille euros par mois, et ils réclament de pouvoir vendre autre chose que des journaux : confiserie, boissons, cartes de stationnement, tickets de transports. Cela va se faire, comme cela se fait dans les Points H des gares qui vendent aussi des journaux, car il n’y a pas d’autre solution, même si celle-ci est moins noble.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Tout à fait exact !<br /> <br /> Le plus drôle, c’est que le siège social de la CGT à Montreuil a été bâti avec les subventions de l’État.
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K
les NMPP n'étaient t'elles pas sous la coupe réglée des nervis de la CGT crypto-communiste rouge et du tout puissant syndicat du livre ?<br /> Mon père, farouche anti-curé et anti-communiste, avait pas mal de problèmes en refusant de se syndiquer "au livre" !
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