Noël, fête « chrétienne » ? Faux !

Publié le par Yves-André Samère

C’est tout de même curieux, que le nouveau pape, si moderne, si décidé à tout changer dans sa boutique, n’ait pas songé à renvoyer la fête de Noël à sa vraie place : au fond du couloir à droite. Il le sait pourtant bien, que rien n’est vrai dans cette commémoration du 25 décembre, et que son origine n’est PAS chrétienne, mais païenne. Il le sait d’autant mieux que le Vatican n’est pas vraiment peuplé d’individus incultes, que la lecture du Nouveau Testament ne leur est pas étrangère, que la date de naissance de Jésus n’est nulle part indiquée, et qu’on y relève le fait que, la nuit où il est censé être venu au monde, des bergers faisaient paître leurs moutons. La nuit ! C’est dans l’Évangile de Luc, chapitre 2, verset 8 : « Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux ». Vous savez qu’il fait froid, l’hiver, en Palestine ? On n’y sort guère les troupeaux qu’entre avril et début octobre, parce que la saison des pluies commence à ce moment-là, après la Fête des Tabernacles, et que, dès novembre, on se gèle.

En réalité, cette date du 25 décembre a été choisie au cours du cinquième siècle, pour une raison toute bête : quelques populations du Moyen-Orient avaient le culte de Mithra, un dieu (né d’une pierre !) dont la naissance était justement fêtée le 25 décembre, et les pères de l’Église, ne voulant pas laisser échapper cette clientèle, résolurent de leur donner cette satisfaction en ne bousculant pas trop leurs habitudes. On garda donc le 25 décembre : belle astuce, les nouveaux convertis pouvaient continuer à pratiquer leurs anciennes coutumes. Mais... pas partout (les orthodoxes ont gardé le calendrier julien, et notre 25 décembre tombe chez eux le 7 janvier).

En réalité, les seules allusions aux dates de naissance, dans la Bible, concernent soit le Pharaon d’Égypte, soit le roi Hérode le Grand, mort en -4 et sous le règne duquel Jésus naquit, et l’on note qu’un des premiers de ces pères de l’Église, Origène, au troisième siècle, fut scandalisé à l’idée qu’on pouvait commémorer la naissance de Jésus ! Il s’ensuit que les premiers chrétiens ne fêtaient pas du tout Noël.

Bref, le pape actuel pourrait s’appuyer sur les écrits de son prédécesseur – toujours vivant – Benoît XVI, qui a reconnu que, non seulement Jésus ne pouvait pas être né dans la nuit du 24 au 25 décembre, mais qu’il ne pouvait non plus être né l’année choisie pour sa naissance : c’était plutôt en -7, selon toutes probabilités, appuyées sur des faits vérifiables.

Par conséquent, chers chrétiens, ce soir, empiffrez-vous avec vos habituels caviar, foie gras, huîtres et bûches « de Noël », saoulez-vous avec votre traditionnel champagne ou vos grands crus préférés, mais laissez tomber le prétexte religieux : il ne tient pas debout.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Pas à quelques jours près, je crois. En 525, le solstice d’hiver tombait le 25 décembre. Ces trucs-là se décalent avec le temps.
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D
Comme beaucoup de fêtes religieuses, elles sont à l'origine des fêtes païennes récupérées par les catholiques. Notamment noël, puisque cette date correspond à quelques jours près au rallongement
des jours par rapport à la nuit. C'est donc plutôt la fête de la lumière (la sainte Lucie des norvégiens) qu'autre chose. Et je dois être foncièrement païenne, car je préfère cette
interprétation.
Même si j'ai une crèche avec un chameau à l’œil fourbe.
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Y
La question ne se posait pas. Il n’existait de son temps que deux calendriers, celui des Romains (le calendrier julien, du nom de Jules César), et le calendrier juif, qui concernait Jésus, puisque
né juif.

Comme la date de sa « naissance » n’a été choisie, par le moine Denys le Petit, qu’en 525, Jésus ignorait tout ça, et sa santé mentale n’a pas été compromise.
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D
En résumé : Jésus est né en -7 avant lui même. Comment ne pas finir à l'asile pour schizophrènie ?
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