Un nouveau style d’interview

Publié le par Yves-André Samère

Imaginez-vous ce gentleman de Michel Denisot proposant à Meryl Streep – qu’il recevait naguère chapeau bas au Grand Journal, en la qualifiant de « plus grande actrice du monde » – d’ouvrir au scalpel l’abdomen du beau-frère de la petite-fille de Grace Kelly, en vue d’en extraire l’organe de son choix ? Quelle horreur ! Non, n’est-ce pas ?

Eh bien, ce garnement d’Antoine de Caunes, bientôt sexagénaire (les cons disent « soixantenaire ») et grand-père indigne, a osé une telle indignité. Hier, il recevait l’acteur danois Mads Mikkelsen, et lui qui avait, tous les jours de la semaine, piétiné les usages en vigueur chez tout intervieweur qui se respecte en poussant ses invités à dénigrer leurs partenaires, leur réalisateur et les films dans lesquels ils jouaient (j’en rougis encore, rétrospectivement, pour Benoît Poelvoorde), a déshonoré jusqu’au souvenir de son – si bien élevé – prédécesseur en poussant le genre au-delà des limites usuelles.

Après une entrée en matière loufoque, dans laquelle les deux hommes feignaient, l’un et l’autre, de parler la langue de son vis-à-vis, Antoine saisit ce prétexte que Mads venait de jouer le rôle d’Hannibal Lecter, dit Hannibal le Cannibale, pour lui proposer de prélever lui-même et en direct l’organe de son choix sur la personne de son comparse, le fantaisiste Arié Elmaleh. Dont, soit dit en passant, il écorche le prénom quotidiennement en l’appelant Harry.

Pas contrariant, le cher Mads, qui ne doit pas se prénommer ainsi par hasard, saisit à la fois la perche et le scalpel qu’on lui tendait, et ouvrit gaillardement l’abdomen du frère de Gad, pour en extraire le foie, qu’il prit ensuite la peine de goûter, sans seulement le faire cuire. Les végétariens du public ont applaudi à ce geste, que manifestement ils ont cru (!) militant.

Mais comme on l’incitait à en faire davantage, il s’attaqua au rein, provoquant un geyser de sang, lequel aspergea jusqu’aux sourcils de lui-même et d’Antoine, qui enfin rougissait, quoique pas pour la bonne raison.

Après avoir bien vomi dans tous les coins du studio, les spectateurs du Grand Journal, pas rancuniers, se sont bien promis de revenir au plus vite. La semaine prochaine, énucléation de l’invité (espérons que ce sera Romane  Bohringer) et arrachage du cuir chevelu (espérons que ce sera Sandrine Kiberlain) ou de la langue (espérons que ce sera Carla Bruni ou Jane Birkin).

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
J’ai bon espoir, Antoine de Caunes peut tout. Et je n’ajouterai pas que c’est à ça qu’on le reconnaît.
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D
Merveilleux ! Non non. Il lui manque d'égorger en direct d'adorables chatons. Ou chiots. Ou les deux.
Cela fera de l'audience, ou au moins du "buzz" comme on dit. Enfin, comme ils disent.
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