Ce que le peuple veut...

Publié le par Yves-André Samère

Il y a cette citation d’un roman d’Oliver Sachs, The man who mistook his wife for a hat, qui dit Populus vult decipi, ergo decipiatur, ce qui signifie que le peuple voulait être trompé, alors il l’a été. Apparemment, cet auteur britannique (1933-2015) s’est inspiré de la politique de l’Église chrétienne, qui a toujours agi dans ce sens.

Voyez plutôt tout ce qui entoure Jésus et sa famille – pardon : la Sainte Famille. Le bon peuple de son époque voulait un dieu né d’une vierge, on le lui a fourni. Il voulait un dieu né pauvre, on l’a fait venir au monde dans une étable. Il voulait que des rois viennent l’adorer et lui offrir des cadeaux coûteux, ce fut fait (sauf qu’ils n’étaient pas rois !). Il voulait un drame avec un renégat, un traître, un tentateur, ils les a eus (Judas, Simon-Pierre, Satan). Vraiment, du sur mesure, comme chez les tailleurs de Savile Row, à Londres. Enfin, il voulait des miracles, on lui en a fourni à la pelle, et ça dure encore, quoique seulement à Lourdes et pas tellement ailleurs, PUISQUE la France est la fille aînée de l’Église.

L’embêtant, c’est que Jésus a beaucoup déçu, c’était un mauvais fils. À douze ans, il vexe son père adoptif, Joseph, en disant en sa présence que lui, Jésus, doit s’occuper des affaires de son père, c’est-à-dire de Dieu himself. Aux noces de Cana, il rembarre sa mère (« Femme, qu’y a-t-il de commun entre toi et moi ? »). Lorsqu’il se trouve avec ses disciples et qu’on vient lui dire que sa mère et ses frères sont là, dehors, et veulent lui parler, il ne se dérange pas et rétorque « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? ». Quant à la chère maman, elle est absente au moment de sa crucifixion, elle ne participe pas à son inhumation, et lorsqu’il ressuscite, il rencontre tout le monde sauf elle, qui ne se dérange pas non plus, juste retour des choses.

En vérité, on ne connaît guère de mère aussi éloignée de son fils, hormis peut-être Agrippine la Jeune, Folcoche ou madame Lepic, la mère de Poil-de-Carotte.

Et avec tout ça, le Vatican a réussi à fabriquer une Sainte Famille, partout révérée, partout donnée en exemple ! Ce n’est pas une Église, c’est un congrès de prestidigitateurs.

Publié dans Religion, Mœurs, Bobards

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

BEDU 25/02/2016 16:49

c'est du lavage de cerveau depuis la nuit des temps
Vatican = monarchie politico religieuse et mafieuse.

Yves-André Samère 25/02/2016 17:04

Un peu ça. Sauf que c’est plus récent que la nuit des temps, puisque ces fables ont été concoctées au premier siècle de notre ère.

jrouj 12/01/2016 10:59

Déboulonnage de miracles ??