Courage, fuyons !

Publié le par Yves-André Samère

Aujourd’hui, j’ai fait une chose que je fais très rarement. J’en ai même fait deux, mais je parlerai de l’autre dans une notule ultérieure, car elle est d’essence différente.

Je suis donc allé au cinéma, ce qui n’est pas une rareté. La rareté, c’est que, parvenu devant l’ex-Latina, qui est le seul cinéma subsistant dans le Marais, j’ai... rebroussé chemin ! La dernière fois que j’avais eu ce genre de réaction, c’était devant le Max-Linder, où une foule compacte s’était agglutinée, or je fuis les foules, car j’aime me trouver SEUL dans un cinéma, surtout quand il est immense comme le Max-Linder. Et, croyez-moi ou allez vous faire peindre en vert (merci, San-Antonio !), cela m’arrive assez souvent, de me retrouver seul dans un cinéma.

Pourquoi j’ai rebroussé chemin ? Parce que s’étalait sur le trottoir une longue file d’attente composée uniquement d’enfants. Tous porteurs d’un gilet de plastique vert, probablement d’origine maritime. L’institutrice qui conduisait ce troupeau avait sans doute craint de les perdre en mer. Mais c’était de ma faute : aller voir, un mercredi après-midi (jour de congé des écoles), un film de Michel Ocelot, c’est fournir des verges pour se faire battre. Entendons-nous bien, Michel Ocelot est un génie, sans doute le seul du cinéma français – et c’est sans doute pour cette raison que Le masque et la plume ne parle jamais de lui et n’a seulement pas cité son chef d’œuvre Azur et Asmar ; et lui-même est d’accord sur ce qualificatif à propos de son film, il me l’a écrit –, néanmoins, si je suis bien un grand enfant, j’entends rester un grand enfant sans voisin bâfrant du pop-corn ou froissant des papiers de bonbons, vu qu’aucun film ne résiste à pareil traitement. Cette épreuve, douloureuse entre toutes, m’avait fait fuir, au bout de dix minutes, la projection d’un aventure d’Harry Potter, que je n’ai plus revu depuis au cinéma. D’autre part, j’avais relaté ICI ma déconvenue à propos d’une autre séance pour enfants de six à huit ans, programmée par une insittutrice que Guy Carlier, au beau temps où il officiait dans Le fou du Roi, aurait sans doute qualifiée de « gourdasse » pour la pertinence de ses choix.

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