Dégradation du langage courant

Publié le par Yves-André Samère

Cinquante fois par jour, au moins, les gens de médias nous offrent l’occasion de nous poser une question : mais comment font-ils, eux, pour vivre à plat ventre et ne se déplacer qu’en rampant ?

Vous n’avez pas pu ne pas remarquer qu’à intervalles réguliers, les politiques jettent dans la foule des mots et expressions qui étaient jusque là inconnus, ou, du moins, inutilisés parce qu’inutiles. Des exemples ? Vacances apprenantes, gestes barrières, confinement, et ainsi de suite. Or, que font les médias ? Vont-ils rejeter ces âneries comme indignes de leur vaste intelligence ? Non ! Ils les adoptent et les répètent. Et c’est ainsi que chacun de ces zozos dociles répète que tout est compliqué, que Monsieur Untel n’a pas souhaité répondre à une question sur ses biens mal acquis, que le ministre de la Kulture veillera au bon emploi de la langue qu’il est chargé de défendre, que celui de la Justice veillera à toute intrusion de la corruption dans les actions des magistrats, que celui des Armées n’autorisera jamais qu’on revende trop d’armes aux monarchies du Golfe, et que LES ministres qui veillent sur notre économie nationale éviteront d’imiter Cahuzac ou Fillon, au moins en apparence et en attendant qu’ils récidivent.

En somme, les irresponsables sont des deux côtés, et se font concurrence. Au moins, essayons de ne pas les imiter.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Une remarque depuis le quai Sadir où le confinement semble désormais un lointain souvenir :
Ce n'est pas d'aujourd'hui que le langage se dégrade. Qui d'entre nous n'a jamais utilisé le pléonasme "voire même"? Ou pire, le grotesque "Qu'est-ce que c'est que ça", huit mots certes courts mais huit mots alors que trois suffisent: "Qu'est ce ?" en interrogatif et "Que c'est" en exclamatif !
Exemples :
Le quai Sadir, que c'est beau !
Au fait le quai Sadir, qu'est-ce ? Ou bien, qu'est le quai Sadir ?
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Y
Le célèbre "voire même" n’est pas le seul. Déjà, rien que notre "aujourd'hui" en est un !
Y
Il y a pire que le « Qu’est ce ? », c’est l’abominable « C’est quoi ? », qui a tout envahi. Celui-là, je le déteste.

(Je ne sais pas ce qu’est le quai Sadir, jeu de mot mis à part. Un port en Arabie ?)
R
Que dire de présentiel et distanciel utilisés à qui mieux mieux : école "en " présentiel, travail "en" distanciel, etc, etc... Il est vrai que ça fait riche pour celles zet ceux qui... :-)
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Y
Souvent, j’ai fustigé cette manie d’abandonner les adjectifs pour les remplacer par des expressions composées d’un nom précédé de "dans". Exemple : ne plus dire "Je doute", mais "Je suis dans le doute". C'est lourdingue et stupide. Molière se serait régalé, de voir ressusciter ses précieuses ridicules.
Y
Je m’apprêtais justement à flinguer ces expressions, qui m’agacent au plus haut point ! Elles ne servent strictement à rien, sinon à mettre en valeur le snobisme des imbéciles qui les utilisent.
D
Patrick Cohen, sur la 5, a mis les choses au point sur au moins un mot : on dit "rouvrir" et non pas "réouvrir". Cela fait plaisir, comme de dire "distanciation physique" plutôt que "sociale", traduction foireuse de l'anglais. Mais pourquoi aussi ne pas dire simplement "la distance physique" ? plus simple. Mais certains aiment tellement jargonner !
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