14-18 : et les pacifistes ?

Publié le par Yves-André Samère

On peut avoir le cœur à gauche et garder tout son bon sens. Rien ne vous oblige à gober tous les chapitres de quelque catéchisme que ce soit. Et voilà que me vient l’envie de dire deux mots d’une valeur de la gauche, le pacifisme. Mais d’abord, une petite précision : être pacifique et être pacifiste, ça fait deux. Prenons un double exemple, les deux guerres mondiales du vingtième siècle. Dans les deux cas, il y a eu des pacifiques et des pacifistes. Or ces deux guerres ne se ressemblent pas du tout, et donc, ces deux points de vue ne fonctionnent pas avec la même pertinence.

La Première Guerre mondiale, de 1914 à 1918, pour les rappeurs qui me lisent par centaines (mais non, il ne peut pas y avoir des milliers de rappeurs qui savent lire), s’est déclenchée selon la théorie des dominos : une suite d’évènements dont beaucoup étaient mineurs et qui auraient pu facilement, sinon passer inaperçus, du moins ne pas avoir les conséquences que vous connaissez (sauf si vous êtes un de ces rappeurs dont je parlais plus haut). En gros, on a vu ceci, et merci à François Reynaert qui a délabyrinthé le processus déflagrateur : dans le premier camp, la France s’est alliée avec son ennemi héréditaire, l’Angleterre, à quoi vient s’ajouter la Russie encore tsariste. Dans l’autre camp, l’Allemagne de l’empereur Guillaume II, qui était pourtant le petit-fils de la reine d’Angleterre Victoria, est allié avec l’empire austro-hongrois, où régnait le très âgé François-Joseph, et avec l’Italie. La France et l’Allemagne sont en désaccord sur le Maroc, les petits États du sud européen se battent entre eux pour des queues de cerise, la Russie rêve d’un accès facile à la Méditerranée et soutient la Serbie, laquelle lorgne sur les provinces de l’Adriatique, dont la Bosnie-Herzégovine, appartenant à l’Autriche-Hongrie, etc.

Et c’est justement en Bosnie, à Sarajevo, qu’un extrémiste serbe flingue l’archiduc autrichien François-Ferdinand (et sa femme). Dans son pays, on ne l’aimait pas, dans les autres pays, on ne savait pas qui c’était, mais l’Autriche-Hongrie exige des réparations, qu’on lui refuse, et, de proche en proche, chacun se mêle de la querelle, qui dégénère en guerre totale impliquant les deux camps principaux !

Les pacifistes d’alors ? Ils ne manquaient pas, des deux côtés : la gauche, dont Jaurès en France, les syndicats, les partis ouvriers. Si on les avait écoutés, au lieu de ne suivre que l’avis des généraux de chaque camp – qui, évidemment, poussaient à la roue –, cette guerre n’aurait jamais eu lieu. Mais, bien qu’évitable, elle a eu lieu. On sait comment elle a tourné.

Pour ce qui est de la Deuxième Guerre mondiale, c’est tout différent. Je donne mon avis dans une autre notule, la présente est bien assez longue et je viens de perdre les trois quarts de mes lecteurs.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Non non, au moins il vous en reste une. Bon, je ne rappe pas, aussi.
Répondre