Contre Disney

Publié le par Yves-André Samère

Comme la plupart des enfants, j’ai, au début, beaucoup aimé les films de Walt Disney. Je parle des dessins animés, pas des faux documentaires anthropomorphiques qu’il faisait fabriquer, et qui étaient ignoblement manipulateurs. Puis, parvenu à l’âge de raison, j’ai appris que Disney admirait beaucoup Hitler, admiration réciproque d’ailleurs, puisque, lorsque le créateur de Mickey s’est rendu en Allemagne, il a été reçu avec les honneurs réservés à un chef d’État ! Le film préféré du regretté Adolf était Blanche Neige, le saviez-vous ? Et on sait qu’en 1947, il a témoigné devant la Chambre du Comité des Activités Non-Américaines, précurseur de la Commission MacCarthy, et qu’il y a dénoncé comme communistes trois de ses anciens employés syndicalistes, qui avaient eu l’audace de faire grève... six ans plus tôt !

Mais les dessins animés eux-mêmes illustraient une idéologie bien précise, celle de la famille et du « bon Américain ». Voyez plutôt Peter Pan, tiré d’un livre anglais qui était aussi un pamphlet contre les mères, et que Disney a transformé en féerie familialiste ! Or l’influence de ces films a été énorme, puisque la majorité de ses concitoyens a eu par eux l’esprit formé, ou plutôt déformé, et pense en conséquence. Résultat de ce décervelage massif : les États-Unis sont le plus beau pays du monde, seuls les États-Uniens détiennent la vérité puisque Dieu est avec eux, et, par conséquent, si les citoyens d’un pays quelconque ne pensent pas de la même manière, s’ils se choisissent un gouvernement qui a une philosophie différente, ce sont des pourris qu’il faut exterminer... Il me semble que ce fait a été amplement démontré par les diverses interventions au Vietnam, à la Grenade, et ailleurs. Mais les sceptiques peuvent aussi lire les livres de Noam Chomski, par exemple. En fait, l’usine Disney a été une entreprise à fabriquer de la bonne conscience, celle qui suscite ce type d’honnêtes gens tout à fait à l’aise, par exemple, avec le créationnisme, la peine de mort ou l’exploitation éhontée des ressources de la planète au seul profit des Yankees (cinq pour cent de la population mondiale engloutissant quarante pour cent des ressources, ce qui a justifié l’intervention au Koweit).

Ce façonnage à rebours des consciences, c’est dans l’âge tendre qu’il se fait, et l’univers Disney est tout sauf anodin, car il conditionne le reste. Et nous marchons, en bons abrutis que nous sommes, comme le public du Grand Journal qui applaudit les bandes-annonces, ou comme les singes qui trépignent quand on leur jette une banane. Un seul exemple : dans leurs films à grand spectacle, les Yankees adorent filmer la destruction de New York, mais ils exigent que le monde entier chiale avec eux quand Ben Laden fait ça en vrai !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Je ne connais pas Mixed martial arts. Ma culture a des lacunes regrettables. Et je ne promets pas de m’améliorer.
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Y
Jamais eu le moindre crédit avant de gagner ma vie. Mais un écrivain s’est un peu inspiré de moi pour imaginer dans un roman un petit Arabe prénommé Najib, fou de cinéma, qui entrait à l’œil au
cinoche et visionnait tout ce qui passait, couché au-dessus de la cabine de projection. Je ne plaisante pas, c’est vrai !
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D
Les cinémas étaient loin, et pas question d'y aller seuls. Par contre, pour les livres, nous avions un crédit relativement important.
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G
Maintenant les petits Yankees préfèrent assister aux combats de Mixed martial arts, compétitions auxquelles ils ont le droit de participer dés l'âge 9 ans. C'est aussi cela l'évolution des arts
dans ce pays décadent.
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Y
Ne pas aller au cinéma ? Quel enfer ! Moi, j’ai commencé TRÈS jeune (sans mes parents) et n’ai jamais cessé.
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D
Largement échappé à cela dans ma petite enfance, car à l'époque, à part le cinéma où nous n'allions que rarement : le premier film dont je me souvienne, c'est "Bébert et l'Omnibus" de Yves Robert
(les "souris ciquettes à roulettes" ont fait florès chez nous), pas de dessins animés genre "Bambi" à la télé. Plus tard, bien sûr, je les ai vus, mais je me souviens bien de les avoir regardés
plus comme une "vie imaginée" que comme un idéal. Barbe Bleue (le conte), entre autres, était passé par là.
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