Culture plantée

Publié le par Yves-André Samère

Remarque justifiée d’Augustin Trapenard, ce soir au Grand Journal : en France, nous avons des bibliothèques publiques, mais leurs heures d’ouverture sont trop rares et absurdes.

À cela, je rajouterai une couche : non seulement les heures d’ouverture sont décourageantes, mais les bibliothèques ne sont pas si nombreuses que ça. Prenez l’arrondissement de Paris où je vis, le premier. La plus proche de chez moi était une bibliothèque pour enfants, où je ne suis jamais allé, et qui se trouvait sur la terrasse du Forum des Halles, aujourd’hui détruit puisqu’on reconstruit tout le quartier. Reste donc la bibliothèque de la mairie du premier arrondissement, place du Louvre. Or elle est minuscule, et ne compte que quelques rayonnages et deux ou trois tables, pouvues chacune de DEUX chaises. Au plus fort de sa fréquentation, je n’y ai jamais vu plus d’une demi-douzaine de personnes, et pour cause. On se croirait chez Nabilla.

Songez que c’est là le quartier le plus ancien de Paris, le plus chargé d’histoire, celui où Molière est né, et le plus prestigieux, puisqu’il abrite le Louvre, le Palais-Royal, la Comédie-Française, l’église Saint-Eustache, ainsi que... la Banque de France. Mais, après tout, nous avons le président de la République le moins préoccupé de culture depuis qu’existe la Cinquième République : il ne lit pas, ne va pas au cinéma, ni au théâtre, et n’aime pas la musique (il veut faire regretter Sarkozy ?). Donc tout est normal.

(NB : je compte pour rien la bibliothèque François-Truffaut, au Forum des Halles, car elle ne récèle que des ouvrages sur le cinéma. Sa clientèle est donc très particulière, et plutôt réduite)

 

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Si vous aviez trouvé le texte cherché, quelle veine ! Moi, le livre que je recherchais, il n’était pas sur place, mais dans une annexe... à Versailles.

J’ai fini par le dénicher auprès d’un éditeur... nazi, qui avait racheté le stock de l’éditeur d’origine, en faillite.

Faut vraiment aimer les livres.
 
Répondre
D
Imaginez une jeune femme de 25 ans, timide et empotée, rentrant dans cette salle pour consulter un texte de 1900. J'étais tétanisée, j'avais peur de faire du bruit et de déranger tout le monde, y
compris les fameuses lampes vertes. Un grand moment d'émotion. Vous pensez, rentrer dans un lieu si vénérable rempli de trésors.
Pour un peu, j'aurais fait une génuflexion et le signe de croix !
Répondre
Y
Molière est mort au numéro 40, où il possédait une grande maison (il était très riche, contrairement à la légende).

Et la Bibliothèque nationale est toujours rue de Richelieu, j’y suis allé plusieurs fois. On n’a déménagé à Tolbiac qu’une partie des collections. Remarquable décor de la grande salle de lecture.
Répondre
B
Mon Dieu, toute mon enfance .J'ai vécu de 1943 à 1952 au 21
rue de Richelieu où mon père, tailleur, avait son magasin .
A l'entresol l'atelier et à l 'étage un grand appartement
datant de...Richelieu! Bref, je crois me souvenir que, dans cette même rue de Richelieu se trouvait la Bibliothèque Nationale .

i
Répondre
D
Proposition de l'opposition au Maire de mon bourg (6500 habitants) : faire une médiathèque dans le nouveau bâtiment, soi-disant "culturel", qui pour l'instant n'a exposé qu'une rétrospective
"Jacques Anquetil" (!!!). Réponse du Maire : il y a Internet, proposition inutile.
Je possède deux fois plus de livres que la vieille bibliothèque municipale.
Répondre